Atelier du 22
février 2016 avec Robert Rapilly à Créances
·
Poème portrait
Contrainte : faire le portrait d'une institutrice de
l'école élémentaire qui nous a marqué à partir des démarreurs donnés : Je vois
/ Je sais / Je remarque / Je me demande / J'ignore / Je vois
Texte produit :
Je vois une silhouette
grise barrée d'une ceinture anthracite, trop sombre et trop serrée, surmontée
d'un chignon poivre et sel en quête de liberté.
Je sais qu'elle
s'était appliquée, de bon matin devant le miroir de sa coiffeuse, à maîtriser
sa lourde chevelure.
Je remarque les
poussières de craie s'échappant du tampon de feutre qu'elle utilisait
vigoureusement pour effacer la leçon de choses du tableau noir , le nuage qui
l'enveloppait alors et la faisait tousser.
Je me demande quels
problèmes de robinet elle imaginait lorsqu'elle serrait ensuite énergiquement la
ceinture couleur d'ardoise, presque neuve, de sa vieille blouse délavée,
couleur souris.
J'ignore où elle
l'avait achetée et si elle vit encore.
Je vois une silhouette
grise barrée d'une ceinture anthracite, trop sombre et trop serrée, surmontée
d'un chignon poivre et sel en quête de liberté qui me sourit.
Brigitte
·
Cadavres exquis,
Contrainte : en rapport avec un objet de l'école,
déballés sur la table.
Texte produit :
·
Petites morales élémentaires portatives
Contrainte : à partir des substantifs et adjectifs des
cadavres exquis,
Texte produit :
Atelier du 1er mars
2016 avec Amélie Charcosset à Pirou
·
Je sais - atelier moniaque inspiré d'Iton
Aga
Contrainte :
·
Haïku de colère
Contrainte : écrire un haïku (5-7-5)pour faire baisser
la colère
Pourquoi cet instant
sur cette route glissante
Pourquoi Susanna ?
Pourquoi Susanna ?
Bourgeons frais éclos
azur plein de promesses
Naissance en sang
Plants déracinés
plate bande dénudée
jardinier maudit
Terre mise à nu
Mottes de terre égrainées
arums sacrifiés
Brigitte
Atelier du 8 mars
2016 avec Nicole Dedonder à Bretteville-sur-Ay
·
La description d’un objet (1)
Contrainte : Chaque
participant choisit un objet de l’école d’autrefois (plumier, boulier, gomme,
photo de classe, équerre, bon point, buvard…) et le dépose sur une feuille
blanche. Tour à tour, les différents participants inscrivent sur chacune des
feuilles un mot (ou une expression, ou une courte phrase) que leur inspire
l’objet. Puis, chacun regagne sa place et rédige une présentation de son objet sans
le nommer Les autres membres du groupe devinent de quel objet il s’agit.
Texte produit :
Grâce à elle,
on prend conscience que même si la mode passe, des invariants
demeurent : un cahier ouvert sur un bureau, les cheveux bien mis, un regard
concentré, un crayon dans la main, l’air un peu intimidé. C’est un souvenir
des premières années d’école avec une question : est-elle encore
vivante ?
(Une photo de
classe)
·
« Les échos du cartable » : description
d’un objet (2)
Contrainte : Un objet est posé sur la table,
devant les participants. Il s’agit d’un cartable. Décrire cet objet en
utilisant le plus possible le phonème [k].
Texte produit :
Quelle idée
de t’avoir là ? Accroché sur mon dos, gonflé comme un crapaud ?
Fidèle compagnon, tu portes mes cahiers, mes classeurs, mes crayons. Mais moi,
je veux courir, me carapater, couper les ponts. Qu’est-ce que tu crois ?
Adieu ! Je m’en vais casser ta large poignée et laisser ton vieux cuir
périr dans ma campagne colorée.
·
Binôme aléatoire
Contrainte :
composer un court texte à partir de deux mots imposés de manière aléatoire.
Voici les
binômes aléatoires attribués aux participants :
-
Une récompense gommée
-
Des jeux instructifs
-
Une dictée noire
-
Une maîtresse joyeuse
-
Une lecture attentive
-
Un écolier difficile
-
Une enfance lourde
-
Premier camarade
-
Souvenir amical
-
Une copine studieuse
-
Une punition curieuse
-
Un alphabet contraignant
Texte
produit :
On raconte que dans la petite école de
Bretteville-sur-Ay, avait été inventée la pire des punitions. La plus atroce,
la plus terrifiante, la plus humiliante, la plus dégradante des punitions
jamais imaginées par un maître sur cette planète.
C’était la punition curieuse.
Cette punition n’était reçue qu’à une seule
et unique condition : il fallait l’avoir méritée.
Elle ne durait qu’une demi-journée, mais
celui qui l’avait expérimentée revenait transformé. Que dis-je :
mé-ta-mor-pho-sé. Et jamais, au grand jamais, il n’en reparlait…
Atelier du 18 mars
2016 avec Benoît Richter
·
Le poème autodaté
Comme l’a expliqué son inventeur le 27/03/2007,
« un poème
Autodaté contient autant de vers que la
Date du jour
Chaque vers
Autant de mots que le chiffre correspondant »
Contrainte : composer un poème autodaté sur la date du
jour à partir de propositions soumises par l’intervenant :
-
18/03/1842 : Date de naissance de Mallarmé
-
18/03/1975 : Date de mort d’Adrienne
Bolland
-
18/03/1973 : Date de mort de Lauritz
Melchior
-
18/03/1844 : Guillaume Massiquot dépose un
brevet pour sa machine le massicot
-
18/03/1902 : Enrico Caruso est le premier artiste
à enregistrer sa voix sur des cylindres en cire
-
18/03/1922 : Gandhi est condamné à six ans
de prison par les Anglais pour insubordination
-
18/03/1871 : Première journée de la Commune
de Paris
Texte
produit :
1 : Caruso…
8 : Dans son nom résonne la
passion d’Italie.
0 :
3 : Un homme. Qui ?
1 : Caruso !
9 : Il embrasse une femme
après avoir pleuré puis recommence
0 :
2 : à chanter
17/03 – Veillée La Badine – 18 personnes (dont 13 ext)
1/ Poème auto-daté
adressé
1 Merci
7 Benoit pour
cette jolie soirée chez Lili
0 Silence
3 Ecouter
compter écrire
2 Des mots
0 Silence
1 Vivre
6 Sans
frontières en citoyens du monde
2/ Oulipodechambre
3/ Onzinet
1 Lande
2 Qui danse
3 Sous le vent
4 Laisser
couler le sable
1 Infiniment
4/ Poème de vœu
C’est bien simple, en
cas d’étoile filante, je fais toujours le même vœu :
Bondir d’étoile en étoile vers la lune, garder un regard
d’enfant sur le monde, émerveillée, pour
combattre l’injustice, que la terre se tourne vers la nature
Marie
18/03 – Veillée bibliothèque La Millière –
1/ Poème auto-daté anti-daté sur un personnage célèbre
18/03/1844 : dépôt de brevet du massicot par Guillaume Massicot
1 Je
8 Massicote, tu massicotes, il massicote, photos ou livres
0 crrrr….
3 Jeu d’enfant
1 Pourtant
8 Qui se rappelle de Guillaume déposant son brevet
4 Eponyme, rouge du sang
4 De nos doigts fragiles
Marie
Adrienne
S’envoie en l’air, dans la montagne
Dans un coucou
Coucou !
La cordillère des Andes, bien après la Manche
Obstination grisante d’exploit
Utopie réalisée
Prise de l’hôtel de ville de Paris début de la Commune 18 mars 1871
Prend
L’hôtel de ville, peuple de Paris affamé
Elit, décide, mandate
Appelle
Blanqui dans les géoles du Mt St Michel
Blanqui, éternel révolté, l’enragé, tant craint
Espère !
·
Le poème en filigrane: association tronquée elliptique de plusieurs expressions
Contrainte oulipienne :
1)
Réfléchir et noter un certain nombre de
locutions contenant un mot donné (tiré au sort).
2) Effacer
le mot dans chaque locution.
3)
Construire un court poème avec ce qui reste.
Exemple :
Mollet dur
Mayo jaune
Texte produit :
Rouge, blanche, pâle
Des vents ou des sables,
Mignonne, allons voir si…
(Le mot tiré au sort était :
Rose)
Potager public
Nain de cour
Ou
Nain potager
Public de cour
(jardin)
|
Bœuf de lynx
Le compas à dent
Le coup à vue
Le coup mauvais
Se mettre le doigt dans le beurre noir
(œil)
|
Marie
Filigrane
A partir du mot « œil »
Au centre du cyclone
Un lynx pleure.
Le doute s’installe
Pour un dernier verre gratis
Jeté dans tombe
Le déclin
Philippe
· Exercice d’immodestie
Contrainte : composer un court texte (environ 200 mots) avec l’amorce suivante :
« Ce qui est parfait chez moi, c’est… »
Ce qui est parfait chez moi, c’est mon velux sur le toit.
Il offre le meilleur point de vue qui soit,
sur les étoiles, les ciels bleus, les soleils lumineux.
Il résonne de la plus douce berceuse
Les nuits d’orage, de tempête, ou de grêle tapageuse.
On me l’a ouvert au marteau, dans un coin de mon cerveau.
Il est parfaitement bien placé, juste là où je voulais.
Impossible de m’en séparer, il est du plus bel effet.
Chaque matin je l’ouvre, il me permet d’aérer.
Les mauvais rêves s’évaporent et les idées s’améliorent.
Céline
Ce qui est le plus parfait chez moi, c’est mon nez. Il est très fin et me sert en toutes occasions à humer les madeleines de Proust qui passent… J’aime pister au hasard des balades l’odeur des troènes le long des haies bocagères, du chèvrefeuille caché dans les jardins, de la terre mouillée d’après la pluie. J’aime aussi deviner ce qui se prépare dans les cuisines, au hasard des fumets des rues, ou des cages d’escalier. J’aime l’odeur de ceux que j’aime, l’odeur de foin des cheveux des tout-petits. Je sniffe les doudous, je sniffe les pulls et les écharpes. Mais mon nez a d’autres avantages : ses 2 petites bosses latérales servent d’ancre pour arrimer la paire de binocles qui l’orne depuis quelques années, quand d’autres doivent les remonter sans cesse d’un coup de nez. Sa péninsule éloigne la goutte qui pointe à son cap quand il gèle, évitant ainsi qu’un coup de vent ne provoque un retour de morve fulgurant. Mais, car il y a un mais, ses deux bosses n’étant pas parfaitement symétriques, générant dans mon sommeil en position dorsale un léger bruit de forge, paraît-il, chaque nouvelle paire de binocles doit être savamment déformée pour s’ajuster, au grand dam de l’opticien cassant les branches, au risque de provoquer un léger strabisme qui nuirait à l’esthétique d’ensemble.
Marie
Ce qui est parfait chez moi, c’est mon automobile. Elle est aussi bleue que mes yeux bleus et silencieuse à souhait. Sous les néons du garage elle brille telle une starlette de tout son éclat ? C’est un modèle haut de gamme à la hauteur de mes ambitions. Siège en cuir fauve, volant en noyer, tableau de bord en plaquage acajou et bien sûr toute l’électronique indispensable pour les longs trajets. Entre les deux sièges, un petit coffret pouvant éventuellement servir de bar.
Pas une rayure sur la carosserie et tous les soirs en rentrant à la maison, je veille sur elle. Tournant autour d’elle, je l’essuie, je la caresse mieux qu’une femme pour effacer les moindres traces de poussières.
Soulevant cérémonialement le capot, j’inspecte le moteur en quête de la moindre tache d’huile, la moindre fuite de liquide, le moindre début de rouille. Je vérifie les niveaux en prenant bien soin de rien faire goutter, Quelle extase que ce galbe des durites, que ces pipes viriles d’allumage et d’échappement avec ce léger bleuté du à la préchauffe pour les cintrer.
Après avoir refermer tendrement le capot, je m’assoit à la place du conducteur, je mets le contact rrien que pour entendre, qu’il n’y a rien à entendre. Le moteur au ralenti est d’un silencieux… Et pourtant à la plus petite accélération… Quelle poussée d’adrélanine.
Le rangement de DVD ingénieusement placé le long de la portière est bien sûr bien rempli de musique uniquement classique.
Quel plaisir de s’installer pour entendre le boléro de Ravel diffusé par quatre enceintes judicieusement installées. Le thème musical monte progressivement jusqu’à l’épanouissement que me procure la sensation de puissance. Et je m’imagine rentrer dans la cour de l’usine sous les salutations respectueuses des employés, puis me garer à la place réservée, car pour ce modèle, impossible d’imaginer que ce soit sur un quelconque parking.
Et, quand la musique s’arrête, je soupire…
Si seulement j’avais le permis de conduire.
Philippe
4/ Onzinet
1 Poésie
2 Des mots
3 Ecrits qui vibrent
4 Tissant des sensations tenues
1 Ellipse
- Elfchen
Contrainte : le « Elfchen » est un poème allemand de
onze mots qui a une structure imposée :
Vers 1 = 1 mot : la chose ou la personne sur laquelle on écrit
Vers 2 = 2 mots : Que fait la chose ou la personne ?
Vers 3 = 3 mots : Où agit-elle ? / comment ? / De quelle manière
Vers 4 = 4 mots : Qu'est-ce que moi je fais de cette chose ?
Vers 5 = 1 mot : résume ce qui en résulte
Le mot de départ est donné par le voisin.
Automobile
Au garage
Encore une fois
J’ai fait un créneau
Adieu !
Céline
4/ Onzinet
1 Poésie
2 Des mots
3 Ecrits qui vibrent
4 Tissant des sensations tenues
1 Ellipse
19/03 – Balade au Lac des Bruyères – Benoit
1/ Baladoscope sur le
modèle d’un diurnoscope
Bouillon mouvant, lande ouverte, sentier 13xO, lande de
Millière
Reflet dansant, trou au tréso, gravier bleu, estacade, ciel
métallique, vent mordant
Ajonc doré, grassette carnivore, utriculaire citrine,
Triton palmé, foulque macroule, grêve huppée, engoulevent
moiré
Goublin malicieux, squelettes noirs, fée de la lande,
Georges Desdevises du désert
Reflet dansant, plaisir partagé, sérénité gelée, silence
bleuté
Métamorphose des odonates, libellule ou demoiselle
Pirouésie hiversifie sur les sentiers des treize O,
oscillant entre bouillons et goublins
Diurnoscope
Des pylônes à huit
bras dont six utiles portent des lignes à ressorts (*)
Nous n'avons pas pris l'accès direct sur le chemin bleu de
goudron et de cailloux
Je sèche,l'herbe sèche
Deux caniches en laisse jappent
A l'autre bout des laisses un homme sourit
A l'autre bout des laisses un homme gêné sourit
Jamais deux sans trois
Conclusion: pourquoi pas huit ?
(*) ARSOR
ANDRE
J'ai oublié mes jumelles
Pour observer sur l'eau
Parmi les iris des marais
Quelques foulques macroule
En compagnie de personnes très encapuchonnées
Mais très sereines !
Qui va à la chasse ...
Quelle tête en l'air !
A renouveler ,même les pieds gelés.
Sylvie BREUILLY-GEMIN
Quelques troncs irréels, sans fondement
Flottent verticaux au cœur noir profond d'un bouillon
aux bords ourlés des lentilles d'eau
entre lesquelles coagulent quelques œufs de rainettes.
Une touffe de molinie tourbillonne sous ta huppe bleutée.
silence de l'infini où plongent mes pensées
"La lande de Lessay a sa mare salaie et son trou au tréso
un puits profond que couronne une bordure d'ajoncs" *
Y revenir souvent et en toute saison.
* Desdevises du
Dezert
/ Onzinet
1 Bonbon
2 Miel citronné
3 Parvient dans
mon nez
4 Qu’humer me
semble bon
1 Laissons
Marie
Chou
Se mange
Dans l'assiette
Je mange le chou
Repas
Chou
Le chou-chou
De la classe
Il m'énerve beaucoup
Fayot
ANDRE
Chien
Tu aboies
Après l'homme
Qui passe en vélo
Facteur !
Chien
Tu renifles
Ce nouveau voisin
Tu lui dis bonjour
Humide !
Sylvie BREUILLY-GEMIN
Chemin
s'enfile
entre les joncs
Estacade circulaire en gravier
observatoire
Brigitte
Atelier du 26 mars
2016 avec Francis Tabouret
·
Les haïkus flâneurs (après la promenade dans
le bourg de Saint-Germain.)
Contrainte : Durant la promenade, noter 9 mots intéressants. En
choisir un pour démarrer un haïku.
Textes produits :
Haïku 1 :
Tangue la mer bleue
Tangue la mer gris bleu vert
Tangue grise colle
Haïkus 2 :
Gabelou-garou
Habile contrebandier
Le sel a caché
Haïkus 3 :
Un clocher à peigne
Des mâchicoulis bouchés
Décoiffer le vent
·
Le tanka
Pour composer un tanka, on ajoute deux vers de sept syllabes à la fin
du haïku.
Contrainte : Chaque participant compose un haïku, puis le confie à
son voisin qui le complète par deux vers afin de former le tanka.
Texte produit :
Dans ce monastère
Il y eut Révolution
Disparus les moines
Arrivèrent la ferme, les vaches,
Et une jolie fermière !
·
La « terrine »
Au
Moyen-Age, la sextine est une forme poétique composée de six sizains, dont les
mots en fin de vers restent les mêmes mais répartis selon un ordre différent.
Contrainte :
Composer un poème de trois strophes composées chacune de trois vers se terminant
par trois mots imposés. Ils ont été « tirés au sort » dans un
dictionnaire par l’animateur à qui chaque participant a indiqué un numéro de
page puis un chiffre.
Texte produit :
Permettez-moi Mesdames de vous présenter
Un gentilhomme qu’on appelait Agglomérer.
Son prénom était certes une véritable
énigme,
De même que sa vie fut pour lui
une énigme.
En société, il tardait à se présenter,
De crainte qu’à ses trousses, on
vienne s’agglomérer.
Car il était joli ce tendre Agglomérer !
Son charme et ses canines sont
encore une énigme !
Laissez-le donc un soir, chez
vous, se présenter…
Céline
Atelier du 29 mars 2016 avec
Nadège Moyart
·
Le haïku photographique
Contrainte :
A partir d’une photo, composer un haïku, puis, le « diluer » en
fonction de différentes contraintes.
Textes produits :

Haïku 1 :
Roulent les roulettes
Scintillement d’herbes folles
Scintillement d’herbes folles
C’est le décollage
Contrainte 1 :
insérer des vers entre les vers du haïku initial.
5 : Roulent les roulettes
7 : On attache les ceintures
5 : PNC aux portes
7 : Armement des toboggans
5 : Accélération
7 : Scintillement
d’herbes folles
5 : Envol des oiseaux
7 : Les grandes ailes se déploient
5 : Nous quittons le sol
7 : Bientôt le ciel, ses
nuages
5 : C’est le décollage
Céline
Village dilué
Sous les ailes déployées
D'un grand échassier file le
train de ma vie
A grande vitesse
Traversée auto-mobile
D'un pays trop humide
Village où je suis née
Courir dans les prés
Bulles d'une bière brune
Herbe pétillante
Brigh
Haïku 2 : 

Quoi ? Quoi ? Mais
« Coa » ?
La grenouille voulait se faire
Aussi grosse que quoi ?
Contrainte
2 : acrostiche de mots : utiliser chaque mot du poème précédent pour
commencer les vers.
Quoi faire ?
Quoi manger ?
Mais comment
m’engraisser ?
« Coa » !
Je ne sais plus à quel crapaud me vouer ! Se disait
La grenouille qui voulait
se faire aussi grosse que la balle
Voulait se faire aussi
grosse que le chardon vert
Se faire aussi grosse que
ce satané microbe !
Aussi, elle décida de
traverser la mare
Grosse plongée en apnée
Que rien ne pourrait
arrêter
Quoi faire ? Elle
avait trouvé : tout simplement l’avaler !
Céline
Enchevêtrement
Autour du lac qui se meurt
Microbe floral
Enchevêtrement de ronces
desséchées.
Autour des eaux glauques
d'un bouillon
Du fin fond de la lande, étendue
noire,
Lac des Bruyères, pas loin
de Vesly,
Qui surveille la pureté
des eaux ?
Se pose une drône piquante
meurt l'ultime feuille et
nourrit le plancton
Microbe qui sommeille en
ce monde
floral, un tout dernier
espoir de vie.

Fenêtre fermée
ouverte sur le jardin
Pensées évanouies
Fenêtre étanche d'une
péniche
fermée aux regards des riches
ouverte au rêve de jours
sans labeur
sur une terre ferme pleine
de saveurs
le jour viendra de faire
la fête
jardin potager pour la
retraite
Pensées bercées au fil de
l'eau
évanouies les envies d'un plus grand
bateau
Court-il ? Nage-t-il ?
Cet homme sous ma fenêtre
Sorti des roseaux
Court-il derrière les
jupons?
Nage-t-il son dernier
triathlon ?
Cet homme peut-il ignorer
Sous ma fenêtre, la vase
de mon passé?
Sorti de l'eau un
arbrisseau grandit
Des roseaux lui offrent un
cadre de vie
Brigh
Atelier du 31 mars 2016 avec
Francis Tabouret
·
Le rondel héroïque
Pratiqué
entre le XIVème et le XVIème siècle, le rondel est un poème à forme fixe,
construit sur deux rimes et comportant un refrain. Il est composé le plus
souvent de treize vers octosyllabiques répartis en trois strophes.
Contrainte :
Choisir un héros, un personnage de fiction ou une personne réelle et composer
un rondel à la première personne.
Prince des Hauteurs, je règne
là-haut
L’épée aiguisée pour pouvoir
lutter
Céleste milice prête à affronter
Le dragon perfide caché sous
l’oiseau.
Ma balance sous mon pourpre
manteau
De vos âmes plum’ fera la pesée
Prince des Hauteurs, je règne
là-haut
L’épée aiguisée pour pouvoir
lutter.
Je vous guiderai toujours droit
et beau
Vers le paradis des âmes dorées
Le mal de vos vies je l’écarterai
Pèlerins qui vers moi traversez
les eaux
Prince des Hauteurs, je règne
là-haut.
Céline
Que rives de Seine sont fatales.
Que j’y ai pleuré l’être tant aimé
Englouti par la houle affamée.
Ô ma fille. Mon cœur n’est plus qu’étal.
Le flot rugit à l’heure vespérale
Roulant sous lui des âmes désaimées
Que rives de Seine sont fatales,
Que j’y ai pleuré l’être tant aimé.
S’impose un autre spectre, ma divine,
Filigrane de l’inhumanité,
Au mur des fédérés, avant l’été.
Que ton nom rougit, Léopoldine
Que rives de Seine sont fatales.
Philippe
·
Un slogan pour la Manche
Contrainte
oulipienne « Le Beau présent ». Il s’agit d’un poème composé en
l’honneur d’une personne. Chaque vers est écrit en n’utilisant que les lettres
du nom du destinataire.
Ici, le mot est
MANCHE.
Texte produit :
Ah ! Ma
Manche !
Ma
came !
Ma
canne !
Ma manne
Ma
hanche !
Cha
Manche ?
Chamane !
Presbytère
presbytre s'y
terre
presbytre y
reste
presbyte y
erre
type pressé pète
père se
presse
Berbère
espère
terre espérée
été espéré
pré resserré
serre tes
bettes
Perse se sert
tes pères
pestent
best
Atelier
du 1er avril 2016 avec Francis Tabouret
·
La textée
La textée est un jeu proposé pour la première fois par l'Oulipo.
Il s'agit de donner le mode d'emploi d'un texte pré-existant à différents
participants, ces derniers ignorant de quel texte il est question.
Contraintes :
-
Vers libre, pas de métrique
-
Rimé en A A B B C C
Consignes pour la composition du texte :
l.1 : Indiquez votre profession + lieu d’exercice
l.2 : Présentez un paradoxe
l.3 : Poursuivez par une banalité
l.4 : Evoquez un voyage
l.5 : Exprimez vos goûts en matière littéraire (4 lignes)
l.6 : Revenez à votre quotidien tout en évoquant d’un mot
le temps des colonies
l.7 : Appelez la sagesse populaire à votre secours
l.8 : Rappelez ce qui fait votre métier
l.9 : Décrivez un geste répétitif du travail en deux
variations
l.10 : Evoquez les inégalités dans les transports (2 lignes)
l.11 : Répétez la 9ème
l.12 : Conclusion libre
Textes produits :
Stripteaseuse
à Paris,
Je dors le
jour, je vis la nuit.
Y’a plus de
saisons de toute façon !
Nous partîmes
pour le Japon,
Avec pour
seuls bagages des romans érotiques,
Des poésies lubriques,
Quelques
rondels romantiques
Et des BD
poétiques.
Mais encore
et toujours ces nuits. Ah ! L’Algérie !
Bien mal
acquis ne profite jamais tu sais !
Levez la
jambe, dégrafez la dentelle,
Jambe en
l’air et ritournelle.
Mais toujours
cette barre de métro,
Dans le
métro-boulot-dodo.
Levez la
jambe, dégrafez la dentelle,
Jambe en
l’air et ritournelle.
Stripteaseuse
à Paris, je dors le jour, je vis la nuit.
Céline
Enseignante à Créances
Je suis enseignante à l’école de
Créances
Toujours débordée, même pendant
les vacances
Surveiller les gamins lors des
récréations
Voilà que l’on rêve à d’autres
destinations
Tout en lisant les histoires des
gens du coin
Ou des récits de vie qui
m’entrainent bien loin
Oui, vraiment, j’aime mieux cela
que les BD
Et pourquoi pas aussi relire mes
classiques oubliés
Hé, les collègues ! L’est
bientôt prêt le café ?
On n’oubliera pas pour ça de les
surveiller
C’est quand le chat n’est pas là
que les souris dansent
Retour en classe, lutter contre
l’ignorance
Ne pas oublier le stylo rouge à
déclic
Et souligner les manques de
pluriels : clic-clic
Si le train va très vite de Lille
à Paris
Il met plus longtemps de Créances
à Gentilly
Ne pas oublier le stylo rouge à
déclic
Et souligner les manques de
pluriels : clic-clic.
En classe à Créances, on ne pense
plus aux vacances.
Brigh
·
La petite boite
Contraintes : choisir un mot, et l’envelopper
dans une « petite boîte ». La petite boite ne pourra pas être
composée de mots appartenant à la même catégorie grammaticale que le mot choisi.
Exemple : si le mot choisi est un verbe, aucun
verbe ne peut figurer dans la composition de la petite boite.
V1 : 7 syllabes
V2 : 7 syllabes
V3 : 8 syllabes
V4 : le mot
V5 : 8 syllabes
V6 : 7 syllabes.
Textes produits :
Glisse,
roule, rebondit
Recule,
avance et grandit
Explose et
éclabousse tout.
Les
déferlantes.
Elles sont
violentes et tumultueuses
Céline
C'était il y a longtemps
Construit manuellement
Peu nombreux ceux qui le bâtirent
Le presbytère
Ceux qui depuis y prièrent
Furent vraiment bien plus nombreux
Brigitte
Bibliothèque Lessay, samedi 26 mars
Terrine :
Au centre du damier chantait un bengali
C'était tout juste ce qui
était noté en exergue
Comme l'avait ordonné le vieux tabletier
Où l'aviez-vous rencontré ce tabletier ?
Il me fut présenté par un vieux bengali
D'où venait-il, vous le trouverez en exergue
Ça me prend la tête ces proverbes en exergue
Je vais l'envoyer en Chine ce maudit tabletier
D'Inde, je garderai les nuances bengali
////
Ce soir, je suis Raymond Queneau : banco !
Ça y est mon esprit s'est fluidifié
La poésie va connaître une vraie rénovation
Tremblez poètes
classiques ! Vive la rénovation
Allez ! On y va banco
Plus de rimes, plus de pieds : il faut tout fluidifier
À force de tout fluidifier
J'ai perdu le cours de la rénovation
C'est foutu : je ne crierai plus BANCO !
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Dans ce port, on pouvait voir le joli drakkar
Dans ce port, personne ne pouvait bien jalonner
Dans ce port, on pouvait voir les pronostiqueurs
C'est impossible disaient nos jeunes pronostiqueurs
Nous disaient les grands habitants de ce drakkar
Pourtant c'était sûr, on pouvait bien jalonner
Et bien qu'il fallait absolument jalonner
Vraiment pas possible, disaient les pronostiqueurs
C'est alors qu'ils repartent sur leur joli drakkar
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Je compte jusqu'à dix
Et arrivent les goutteux
Ces derniers veulent me poudrer
Pourquoi me poudrer
Je compterai jusqu'à dix
Pour que les vieux goutteux
Partent rejoindre leurs amis goutteux
Et aillent les poudrer
J'ai compté jusqu'à dix
Bibliothèque Vesly - Haïku
Merveille
du jour
la
nature se fait lumière
explosion
des fleurs
Joncs
et nénuphars
tendus
vers la liberté
épris
d’espace
Agnès
Bibliothèque Saint Germain sur Ay - Francis Tabouret - La textée
Je suis enseignante à l’école de Créances
Toujours débordée, même pendant les vacances
Surveiller les gamins lors des récréations
Voilà que l’on rêve à d’autres destinations
Tout en lisant les histoires des gens du coin
Ou des récits de vie qui m’entrainent bien loin
Oui, vraiment, j’aime mieux cela que les BD
Et pourquoi pas aussi relire mes classiques oubliés
Hé, les collègues ! L’est bientôt prêt le café ?
On n’oubliera pas pour ça de les surveiller
C’est quand le chat n’est pas là que les souris dansent
Retour en classe, lutter contre l’ignorance
Ne pas oublier le stylo rouge à déclic
Et souligner les manques de pluriels : clic-clic
Si le train va très vite de Lille à Paris
Il met plus longtemps de Créances à Gentilly
Ne pas oublier le stylo rouge à déclic
Et souligner les manques de pluriels : clic-clic.
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