Lundi matin,
Au village fantôme
Choses qui (Sei Shönagon)JJ
Choses indéterminées
Une touffe d’herbe bleue, à moins qu’elle ne soit verte
Une maison pas finie qui n’appartient à personne
Un endroit qui n’a pas l’air d’un lieu
Le degré d’humidité du sol comme du ciel
Le talent
Un tas de pierres désordonné
Un mélange de joie et de tristesse
Le degré de destruction des choses
Des tags inachevés
Le déroulement exact de l’effondrement naturel d’une de ces « villas »
L’heure précise de notre prochain déjeuner.
Collectif , relevés par Elisabeth
Choses qui font grincer les dents
Parfois la craie contre le tableau noir
Souvent le polistyrène expansé
Toujours la nature saccagée.
Le sable dans les biscuits du goûter
les dents du haut contre les dents du bas
Le souvenir d'une séance chez la paradontologue
Un abruti qui croit tout connaître
la pensée édentée
Sa propre voix quand elle dépasse
le caillou dans ma chaussure droite
Les gens qu'on humilie
la connerie flagrante
À la recherche JJ
À la recherche d’images parlantes
À la recherche de photos marquantes
À la recherche de l’instantané éternel
À la recherche du vent coquin
À la recherche du soleil farceur
À la recherche du nuage parfait
À la recherche des pierres cancérigènes
À la recherche des graffs obscènes
À la recherche des tuiles volées
À la recherche des cadavres caché.
La Résistance JJ
La résistance sableuse à la canalisation
La résistance terrestre à la construction
La résistance graphique à la banalisation
La résistance écologique à la pollution
La résistance ironique à la standardisation
La résistance financière à l’exploitation
La résistance silencieuse à la communication
La résistance obscure à l’électrification
La résistance comblée à l’excavation
La résistance amicale à la prostitution
La résistance passive à la détérioration
Elisabeth
La Résistance
Le Lego comme on l’apprend au centre de loisirs
La résistance molle à la déconstruction
À la recherche du serpolet suave
Le Playmobil comme on l’apprend à la crèche parentale
La résistance humble à la reconstruction
À la recherche de la marque du nom
Le Kapla comme on l’apprend en classe verte
La résistance lourde à la démolition
À la recherche du béton armé
La résistance triste à l’optimisation
À la recherche du village fantôme
Cécile DENIELOU
Comme on l’apprend - JJ
Le beau comme on l’apprend au musée des horreurs
Le passé comme on l’apprend aux ruines actuelles
Le silence comme on l’apprend aux souffles maritimes
Le ciel comme on l’apprend aux frasques nébuleuses
La paix comme on l’apprend aux murs déchiquetés
La couleur comme on l’apprend aux rayons fantasques
Le pied comme on l’apprend à la marche ensablée
Le désert comme on l’apprend aux lieux désaffectés
Le temps comme on l’apprend aux contraintes dictées
Le style comme on l’apprend aux restes lapidaires
L’écriture comme on l’apprend à la cité fantôme
Elisabeth
Sonnet en ôme et omme
Contrainte OS
Attraction de Pirou, son village fantôme
Construction sans le sou, sont-elles faites pour les Roms
Certes car ce genre-là ne se voit pas à Côme
Ni aux sommets du Tibet, om mani padme om
Approchez ! Venez tous visiter “home fuite home”
C’est vraiment dites-vous prendre l’homme pour une pomme
Maisons rustines bâties en copier coller comme
Un univers en rond de colle, sans économe.
Chantal Danjon
Village fantôme
Tiens, ce matin, plus rien d'un village fantôme !
Personne n'a plus envie d'y faire un petit somme :
Ils ont pris leur crayon et oublié la gomme,
Venus de Lille ou Paris, Barcelone ou Rome.
Une douce et pénétrante brise embaume,
Saturée de sel, de serpolet et d'arums.
Il me semble y repérer un parfum de pommes
Qu'enfouit sous les gravats une petite môme.
Hier encore, on cherchait en vain traces d'hommes
Enfuis tous ces investisseurs peu économes
Alors que du dancing s'est effondré le dôme.
Dans les débris épars, mais à coeur joie s'en donnent
Poètes et graffeurs tout autant qu'ils se nomment.
Méprisant Aquatours ils en ont fait leur home.
Brigitte
Au village fantôme avec O. Salon
Consigne :
Sonnet à rimes imposées ( « eaume » et « om » ) : ABBA ABBA BBA BBA
Le marin, de loin sur sa baume
Aperçoit les toits, comme à Rome,
Effondrés. La folie des hommes
N’a pas laissé l’ombre d’un dôme.
Plus loin le camping : « Home sweet home »
Pour celui qui vient ici, comme
Estivant. Mais là, le vent gomme
De la moindre fleur les arômes.
Pas de quoi écrire dix tomes
D’un roman ! Zola ? Pauvre pomme !
Ici pas un fumet n’embaume !
Tout est détruit, pourri, en somme…
Rien ne reste en ce lieu qu’on nomme,
Par dépit, « village fantôme ».
Guy
La cité fantôme
Sol foulé maintes fois par l'homme.
Landes, varech, bruyères et rhizomes.
Dans cette cité fantôme,
Nul verger, nulle pomme
Ruinés faute de somme,
Les toits ont perdu leur chaume.
Home sweet home,
On pourrait en écrire des tomes.
Où sont passés les dômes,
Les cris, les rires, les familles et les mômes ?
Mais peut-être est-ce tout comme.
La bombe tenue dans la paume,
Le tag devient un heaume.
Ainsi le guerrier apparaît, et c'est Rome !
Jean-Marc Sciauveau
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban réhabilite le village fantôme de Pirou (Manche)
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban se souvient de l’appel d’offre
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban veut remplir ses coffres
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban s’interroge sur la dune
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban doit méditer sur nos lacunes
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban tourne le dos à la mer
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban porte son regard vers la terre
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban se demande si le rempart naturel tiendra aux assauts
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban se questionne sur la résistance des matériaux
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban détermine le côté où arrivent les flots
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban juge que cet ouvrage tient du radeau
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban constate que l’objectif parait secondaire
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban pense que rien ne semble nécessaire
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban admet que protéger le village n’est pas gratifiant
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban ignore que les ennemis ont changé de camp
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban analyse les plans
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban trouve cela légèrement déroutant
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban décèle des points de fragilité dans les toitures
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban tapote sur les murs
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban sonde les bordures, les embrasures
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban s’aperçoit que l’édifice n’est pas sûr
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban dessine alors les contours
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban aligne casemates, fortins et tours
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban s’arrête
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban ne voit pas ce que l’état à dans la tête
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban ne comprend pas ce qu’on attend de lui
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban considère même que la décoration est un fouillis
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban laisse tomber
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban retourne dans le passé
Yves, 19 août 2011 à Pirou-plage, matinée d’enregistrement pour FR3 pour l’émission « Littoral ».
Poème monkien au village fantôme JJ
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann n'a pas envie de changer d'identité
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann veut garder sa personnalité
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann aimerait être une célébrité
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann n'a pas envie de suivre
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann refuse ces contraintes à n'en plus finir
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann n'y saurait trouver du plaisir
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann n'aime pas assez les livres
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann songe trop à vivre
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann a trop envie de faire pipi
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann se rend compte que sa vessie n'est pas élastique
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann remarque une petite butte énigmatique
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann se cache côté pile
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann, campe ses pieds de chaque côté d'un terrier de goupil
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann se soulage à loisir
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann ne sait pas qui choisir
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann continue son petit tour
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann erre dans les ruines d'Aquatours
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann déambule entre les maisons pillées
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann croise un groupe de jeunes qui s'amusent à se mitrailler
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann évite une milice en reconnaissance
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann n'en revient pas de cette déchéance
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann se croit à Sarajevo en mil neuf cent quatre vingt treize
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann cherche quelque souvenir au milieu des braises
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann ne sait trop quoi crayonner
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann veut quitter ce village abandonné
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann rêve de naviguer vers Jersey sur cette mer irisée
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann préférerait se promener sur les Champs -Elysées
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann se met à la recherche d'une plante emménagogue
Brigitte Isabelle Estève Epouse Hohmann décide de rentrer dans la peau de Van Gogh
Vincent Van Gogh arpente le dédale de ces Alyscamps pirouais
Vincent Van Gogh croit repérer les vestiges de l'église St Honorat
Vincent Van Gogh s'étonne de n'avoir jamais remarqué la structure hexagonale de son chœur biais
Vincent Van Gogh se dit que géométrie et perspective sont les moindres de ses tracas
Vincent Van Gogh est irrité par le PGC géant apposé sur le haut du portail
Vincent Van Gogh cherche vainement un VVG, même petit, même perdu parmi tous les détails
Vincent Van Gogh est dépité de ne trouver, près de Pissarro, Gauguin, Cézanne, ses propres initiales
Vincent Van Gogh est sensible au discours des couleurs illuminant le porche de cette cathédrale
Vincent Van Gogh distingue ses touches d'orangés
Vincent Van Gogh admire la complémentarité du néoréalisme de l'ébrasement gauche avec l'estampillage japonisant du piedroit
Vincent Van Gogh ne retrouve pas ses aplats expédiés, ses tourbillons tourmentés
Vincent Van Gogh est persuadé de se trouver devant le chef-d'œuvre de son autre moi
Vincent Van Gogh sait que cet autoportrait fut réalisé en plein jour, par celui qui n'était ni fatigué ni chargé d'électricité
Vincent Van Gogh déambule dans ce cimetière paysan
Vincent Van Gogh n'y trouve trace du vieux clocher de Nuenen ni de son créateur
Vincent Van Gogh ignore que cette désolation est l'œuvre d'un promoteur
Vincent Van Gogh ne se doute pas du jeu de notaires trop complaisants
Vincent Van Gogh s'approche d'une fresque géante
Vincent Van Gogh trouve cette peinture troublante
Vincent Van Gogh reconnaît ces traces granuleuses aux couleurs intenses, par un trait noir délimitées
Vincent Van Gogh s'étonne de la finesse de la couche, du manque d'aplat, de l'absence de trace du pinceau, de la spontanéité
Vincent Van Gogh n'a pas connu les bombes
Vincent Van Gogh compatit à la douleur du cormoran à l'aile brisée
Vincent Van Gogh presse sa main sur son oreille mutilée
Vincent Van Gogh partage l'indignation de l'ours blanc dégoulinant de pétrole avarié
Vincent Van Gogh regrette le temps où les huiles ne servaient qu'à peindre ou cuisiner
Vincent Van Gogh a une pensée pour les Mangeurs de pommes de terre, carottes et poireaux du canton de Lessay
Vincent Van Gogh croit reconnaître les ouvriers impayés qui, dépités, le chantier délaissaient
Vincent Van Gogh continue sa marche dans ce qui reste de la station balnéaire
Vincent Van Gogh salue les Paveurs, décidés à prendre une dernière revanche
Vincent Van Gogh les aide un moment à aligner les blocs de pierre blanche
Vincent Van Gogh les délaisse lorsqu'ils couvrent de sable le béton cellulaire
Vincent Van Gogh parcourt leur circuit pour voitures téléguidées métalliques
Vincent Van Gogh aperçoit au loin, poussant entre les pains de syropex, un groupe de Cyprès faméliques
Vincent Van Gogh se souvient de son rendez-vous avec la Courtisane, à la terrasse du café le soir
Vincent Van Gogh interroge le Ciel chargé de nuages
Vincent Van Gogh distingue une petite trouée bleue au-dessus du rivage
Vincent Van Gogh espère lui montrer la Nuit étoilée éclairant de Jersey le timide contour
Vincent Van Gogh se demande si la nuit cotentine sera plus " vivante et richement colorée que le jour"
Vincent Van Gogh butte sur une maison jaune un peu moins détériorée
Vincent Van Gogh franchit le seuil et risque un oeil à travers un mur perforé
Vincent Van Gogh croit reconnaître sa chambre à Arles ; est-ce un leurre ?
Vincent Van Gogh s'étonne que les lignes des murs soient restées perpendiculaires
Vincent Van Gogh contourne un bosquet de prunelliers en fleurs
Vincent Van Gogh voudrait raviver le jaune fade des étendues dunaires
Vincent Van Gogh cherche fébrilement des traces de digitale entre serpolets et panicaut, silène et violette de Mielle
Vincent Van Gogh ne découvre qu'un lotier corniculé, quelques onacres et de timides coussinet ornés de potentielles
Vincent Van Gogh longe quelques murs éventés sous charpentes béantes
Vincent Van Gogh frôle un lilas, jailli au milieu des ardoises
Vincent Van Gogh repère quelques touffes d'armoise
Vincent Van Gogh retourne vers les façades qui racontent des histoires édifiantes
Vincent Van Gogh a soif de couleurs vivifiantes
Vincent Van Gogh poursuit sa découverte de ces graffs à ciel ouvert
Vincent Van Gogh voudrait oublier sa douleur
Vincent Van Gogh salue un petit bonhomme vert
Vincent Van Gogh se demande s'il n'a pas bu trop d'absinthe, tout à l'heure
Vincent Van Gogh aimerait qu'il lui refile son joint pour partager sa transe
Vincent Van Gogh se demande quelle nouvelle couleur dominerait sa palette après consommation régulière de cannabis régulière et gourmande
Vincent Van Gogh, après transmission de pensée avec le Docteur Granget , conclut sur cette nuance vert-printemps-nucléaire qu'il découvre de plus en plus souvent dans ces dunes normandes
Vincent Van Gogh se promet de l'écrire à Théo avant de rentrer à Auvers
Vincent Van Gogh se tire un dernier coup : Ô vert !
Brigitte
Brigitte
Mardi matin,
Dans le jardin de M et Mme Lefillastre à Créances
Discours d’Abel, Grand Vizir, à l’intention de ses ouailles
(inspiré du jardin de Mme Le Fillatre)
Olivier Salon
Vous qui voulez faire Bon Chrétien, attention au péché dû aux Couilles du Pape, car vous risqueriez de produire du liquide en barre, cet extrait du lupin qui tous nous turlupine et qu’il faudrait éliminer à lavatère (au fond du couloir à droite).
C’est là donc que le chêne et ses petits glands préparent la sève miraculeuse.
Les aubiers la recueillent méthodiquement dans des creusets idoines. Ces pervers penchent.
Une fois satisfaits, ils sont guidés par l’abbé Dumonce-en Missel pour se purifier à lavatère (au fond du couloir à gauche cette fois-ci).
— Vous pouvez baguenauder tranquille, lance-t-il guilleret.
Ce con postera alors les sachets de semence à tous ceux qui sont en panne d’inspiration. Après quoi, il annoncera :
— Maintenant, il faut que je file aux dindons.
Pendant ce temps, Abel a pris du grade. De Grand Vizir, il est devenu Émir. Il se permet de raconter des histoires scabieuses en secouant ses viburnum pour asseoir sa mâle autorité. Après s’être gargarisé la pulmonaire (ah, c’est trop ! mais rit à gorge déployée), l’Émir Abel peut bien reconnaître que le pape a vers assez pour qu’on lui presbytère. Lui pardonnera-t-on cette putain d’sortie ?
Atelier Récit de voyage
Texte de prose genre récit de voyage ( 20 lignes à 1 page) ; Rendre très vraisemblable
Ton
du récit ethnographique ex je suis allé au bout du monde et j’ai trouvé
une ………………….. les gens du coin l’appellent la ………………….
- Espèce végétale : nom scientifique courant,
La présenter dans son paysage
Décrire trouver des qualités gustatives, olfactives, médicinales..
- De la plante sauter à un être du règne animal ayant à voir avec cette plante( nourriture ; habitat)
- passer aux humains qui ont un rapport
************************************
Le disconium pneumatophone
Son tronc que percuta mon talon, est poilu à la base et plombé sur le côté.
Je
dois dire que l’arbrisseau que rencontra mon pied vagabond était encore
une jeune pousse. Dans quelques années, cette plantule sera devenue un
fier arbre géant dont la couronne ombragera les passeurs du gué : un
vaste panache, composé de huit élégants pagnes ciselés chacun de
soixante huit dentelures, frangées chacune dix-sept fois..
Pour
découvrir une jeune plante , il faut ,avec beaucoup de précautions,
écarter quelques colutéo baguenaudier qui les protègent de l’asséchement
causé par les vents trop iodés et des rayons brûlants du soleil
couchant, mais surtout de la gourmandise des canardes enrouées –
colverta angina- qui rafollent de ses spores sensés couper net toute
toux sèche. Dès qu’un palmipède effleure une baie rosacée du colutéo,
celle -ci explose avec un bruit sec rappellant un pétard enfantin ; ce
qui entraîne l’envol apeuré de l’oiseau qui voulant prendre le large,
fuse dans le panache de l’arbre à fougère et provoque la chute de ses
spores déjà mûrs
Les
indigènes ont bien conscience des qualités médicinales protectrices des
poumons et de la voix du disonium pneumatophone mais ils sont encore
plus épris des pouvoirs aphrodisiaques attribués au philtre recueilli
après macération des poils de la base du fût de l’arbre a Dutroncdans
l’eau noire. La technique ancestrale pour accélérer la décomposition du
système pileux est encore tenue secrète par les rebouteux qui se la
repassent de père en fils. Les enfants du village baguenaudent tous les
étés près des rus aux eaux noires, s’amusent à éclater les fruits du
colutéo.
Brigitte L/ P
Contexte
Quelques
explorateurs patentés de mon entourage m'avaient longuement parlé de
l'existence non démontrée de cette plante. Après plusieurs mois de
recherche assidue, je la découvris enfin au fond d'une forêt inconnue et
vierge de surcroit.
Elle
faisait manifestement partie de la famille des lys mais était inconnue
au bataillon. Je m'empressai de la baptiser. Je mis un certain temps
cependant pour lui trouver un nom. Son phénotype n'était guère courant.
Préoccupée exclusivement de son propre destin, renfermée sur elle-même,
ignorant les autres, elle ne pouvait que porter le nom de "incognata
nombrilys". Ma qualité de savant gravitant dans de multiples instituts
scientifiques fit que ce nom s'imposa très rapidement dans les milieux
botanistes.
Comme
j'avais fait ce long et difficile voyage, je voulus en profiter
jusqu'au bout et m'installai pour quelque temps dans le coin, sous la
tente. Un soir, alors que je venais à peine de m'endormir, quelle ne fut
pas ma surprise d'entendre puis de voir un étrange animal s'approcher
de l'incognata nombrilys et en grignoter avidement quelques bouts de
feuille.
Le
manège se répéta à plusieurs reprises au cours des jours suivants. Je
pris la décision d'identifier cet intrus. Je lui tendis un piège
grossier et pus ainsi l'observer à loisir. D'aspect rutilant, il
manifestait une curiosité de bon aloi vis-à-vis de tout ce qui
l'entourait et particulièrement les autres êtres vivants. Comme lui non
plus n'appartenait à aucune espèce répertoriée, je décidai de la
baptiser "incognata altruis".
Je
n'étais pas au bout de mes surprises. J'avais éloigné quelque peu mon
campement de l'incognata nombrilys. Quelque temps après, je me rendis
compte que les membres d'une tribu locale cueillaient eux aussi les
feuilles de ma découverte, s'installaient en cercle autour d'un feu et
la prenaient en infusion, à larges rasades généreuses, avant de
commencer ce qu'ils appelaient le grand conseil, sorte de réunion où ils
traitaient tous les problèmes relatifs à la gestion de leur communauté.
Intrigué
par ces pratiques de la gent animale comme de ces hommes primitifs, je
décidai d'en savoir plus. Mon petit laboratoire portatif me permit
d'analyser les composants chimiques des feuilles nombriliques et je
découvris les vertus potentielles de leurs composants. Il ne me fallut
pas longtemps pour comprendre que l'incognito altruis profitait de
l'incogniata nombrilys pour modérer ses tendances outrageusement
altruistes et que les indiens locaux utilisaient l'incognata nombrilys
pour obliger leurs concitoyens à se concentrer sur leurs propres
problèmes personnels, eux qui étaient en général toujours occupés à se
chamailler et à chercher noise à leurs voisins.
Mes
observations firent l'objet d'un mémoire mémorable que je présentai
devant un public conquis en Sorbonne peu de temps après mon retour dans
le monde civilisé. Ma présentation commença évidemment par une
dégustation de thé d'incognata nombrilys, afin que l'attention ne se
dissipât point.
Henry Landroit
Atelier 2 la petite boîte JJ
Poème à forme fixe d’invention oulipienne
7syllabes ……………. ;
7……………..
8………………..
1 mot
8
7
Pas de rime ; 1 seule phrase
Catégorie du mot mis en boîte exclue dans le reste
***********************
Planté, élagué, il a
Arrosé et taillé : elle
cueilli et ramassé, ils ont
Leur verger
Goûte ceci, cela ; Hum !
Ils nous emmènent là-bas
Suivons les toujours plus loin
Arrêtons-nous ensuite Voici
Des nénuphars !
Etalés, éclos, épanouis
Sereinement , tout au long
Brigitte L/P
L'azurée des mouillères
De l'azurée des mouillères,
Gentiane pneumonante
à jolie colerette bleue
recueille les fines larves odorantes,
Pièges à fourmi-nourrices
Brigitte
Chevreuil
Herbes foulées, torturées,
rameaux brisés, lapidés,
Marquages serrés, le chevreuil
aboie
Territoire bien préservé
Couches en sécurité.
Brigitte
Dis-moi si tu viens tantôt
Dis-moi si tu viens très tard
Dis-moi si tu viens toujours, toi
l’ami
Dis-moi si tu repartiras
Aussitôt arrivé là !
Chantal
Noircir, graver, arracher
Blanchir, découper, creuser
Écrire, raturer, gommer
la page
éperdument immaculée
maculée passionnément
Chantal
Mardi après-midi Atelier OP
1) Homophonies OS
La
jeune Marguerite, du Cap, enlevée à l’âge de 15 ans, s’était retrouvée
dans une maison de passe à Bordeaux. Cette maison était fréquentée par
un client bougon, adepte du bondage, et par un voyeur nommé Tom. Le
bougon vit lier Marguerite, Maria et Barbara. « Des culs, Maria
Barbara », disait-il admiratif chaque jour, car le bougon vil y était
souvent !
Mille pertuis permettaient
aux voyeurs (dont Tom) d’admirer aussi bien les couilles du pape que les
fesse de Bertie (un petit chou, Bertie). Le pénis à Tom se dressait à
ce spectacle. Caché dans l’armoise, Tom se régalait des situations les
plus scabieuses. Espèce de petit salatus ! Le client bougon se doutait
de quelque chose. Il demanda à la tenancière les clés de l’armoise.
« Les clés, ma ptite, et plus vite que ça ! » et il ouvrit l’armoise.
Tom l’aconit d’injures, et au nez péta.
Mais cette histoire est ancienne, on l’applaudit : ça date, hourra !
Elisabeth
2)Vers turcs ( Sans B, M, P, V ni F ) OS
On
es tous allés écrire aujourd’hui dans un jardin extraordinaire à la
Charles Trénet, qu’une duchesse entretient, et dont elle connaît tout ce
qu’il contient, toutes ces choses dont elle sait les noms latins
qu’elle nous a d’ailleurs dits. On a donc regardé ses roses, ses
hortensias, ses salades, ses choux, ses citrons dans la serre, son chêne
liège, ses aulnes dont elle dit qu’ils nourrissent le sol, et aussi ses
argousiers, ses kakis, ainsi qu’une cardère dite aussi « le troquet des
oiseaux », car les oiseaux sirotent l’eau du ciel restée dans ses
corolles.
L’azur, le jaune, le rose
clair ou soutenu, le rouge, tout concourait à rendre éclatante la
couleur de son gazon sur lequel nous allions sans chaussures, tant il
était doux et tendre.
Elle soigne tout ça à l’aide d’orties en décoction, ce qui est illégal quoique toléré.
Et quand on est rentrés, Salon a exigé un compte rendu détaillé de tout ça, sans utiliser certaines lettres. Lesquelles ?
Lipo-phonème : pas de son « b », ni « m », ni « p », (facultatif : ni « v », ni « f »)
Nous
étions en route en direction du jardin extraordinaire. Le clignotant de
l’auto ne cessait de clignoter : tantôt à droite, tantôt à gauche, sans
qu’il ait été sollicité en quelque occasion que ce soit. C’était
ennuyeux, à la longue.
« Je dois
arranger ça, dis-je, aux deux stagiaires assis l’un à côté, l’autre à
l’arrière. Le garagiste a dit qu’il allait s’en charger à son retour de
congés, dans quelques jours. »
On
s’engagea dan une ruelle étroite le long de laquelle courrait un
ruisseau jalonné, de chaque ôté, de cistes, d’élégants troènes et de
glycines rachitiques.
Tout à coup,
un gugusse sort de son auto et nous signale, en exagérant des
gesticulations désordonnées, que nous étions sur une route erronée et
que nous allions reculer, retourner sur nos traces et rejoindre le
trajet adéquat, de sorte qu’en quelques instants nous atteignions sans
autre ennui, l’ancienne construction âgée de huit ou dix siècles, où se
cache le lieu exact à reconnaître et à décrire en détails : un jardin
extraordinaire, aux centaines d’essences toutes rares et inconnues.
Mercredi matin,
En forêt de Lessay
L'azurée des mouillères
De l'azurée des mouillères,
Gentiane pneumonante
à jolie colerette bleue
recueille les fines larves odorantes,
Pièges à fourmi-nourrices
Brigitte
Chevreuil
Herbes foulées, torturées,
rameaux brisés, lapidés,
Marquages serrés, le chevreuil
aboie
Territoire bien préservé
Couches en sécurité.
Brigitte
Monostique paysager JJ ( mercredi 10 Forêt de Lessay
Sorte de panoramique
descriptif mais avec un "punctum" ( quelque chose d'un peu unique, excitant, étonnant)
+ contrainte mémostique
B6
1 : retourné
La
ligne des tronc élancés vers les nuages protège un triptique de
conifères au pied duquel la sauterelle roucoule sur une branche de
chataîgner- morte.
2: en face:
Protéges
au sein d'une pinède, les pieds dans la callune, une famille de trois
maritimes a, le père droit et fier, caressé des branches du jeune
chataîgner, se recueillent au dessus des restes dressés de leurs
ancêtres.
Promenade à la plage mercredi après-midi JJ
Poème de marche
Promenade à pied, jusqu’à la plage.
En marchant on compose des vers que l’on mémorise et qu’il faudra transcrire sur le papier en arrivant.
Puis réciter son poème de mémoire.
Un porche, le portail : nous passons sous une arche.
Un va et vient d’autos rythme notre démarche.
Deux coups brefs au clocher ; on cherche un premier vers
Qui tomberait des murs : marchons le nez en l’air !
Passé le coin, quelques maisons, c’est la campagne.
Une route encaissée. Déjà le soleil gagne.
Le temps de quelques pas, on arrive à la route :
Bruit d’autos, de tracteur, qui nous brouille l’écoute.
Déjà nous bifurquons sur un chemin de terre
Un peu de sable, des cailloux de la poussière
Et le bruit d’un tracteur, encore ! Lancinant !
Vite ! Allons l’oublier dans un prochain tournant.
La route se déroule en un long tapis rose.
Sur les côtés, poireaux, carottes qu’on arrose.
Un urinarium urgensis, sous un arbre…
Dans l’herbe je n’entends qu’un silence de marbre.
Qu’importe ! Tant de vers sont déjà devant moi !
J’en ai déjà dix sept. Il m’en faut trouver trois…
Cinq quatrains, c’est assez pour conter l’aventure :
Ecrire en cheminant, d‘une mémoire sure !
Rattraper le groupe, procession alignée.
Désirer piquer une tête au fond du puits.
Ne pas saluer Monsieur Maclou qui taille sa haie.
Envier tous ces petits papillons insouciants.
qui folâtrent gaiement au sein des herbes hautes.
Cueillir une tige de fenouil odorant
Pousser son bras au fond d'un terrier de lapin
sentir la douceur ,la chaleur du sable chaud.
Pousser son bras au fond d'un terrier de lapin
sentir la douceur ,la chaleur du sable chaud.
mais le terrier est vide, inhabité, délaissé.
Bien sûr! Puisque nous l'avons mangé ce midi!
Recueillir une mûre au milieu des poireaux
la déposer entre la langue et le palais.
presser, avaler cette goûte de jus savoureux.
jouir de tous ses sens malgré la fatigue.
Escalader la butte et contempler la mer.
Brigitte
Jeudi matin
La traversée du havre de Saint-Germain
Au Corps de garde (Havre de Saint-Germain)
Dialogue en boule de neige :
La relève de la garde au Corps de garde
1 – Alors ?
2 – Salut, Marcel !
3 –Tu as tardé !
4 – M’en parle pas !
5 – J’ai vachement faim, moi !
6 – Ca tombe bien, voilà du pain
7 – Bon ! On boit un coup et après … Ciao !
8 – Je prépare le colis comme hier, ou pas ?
9 – Dépêche-toi parce que je dois bêcher le jardin…
8 – Ben… t’es marrant… la statice séchée, ça s ‘éparpille …
7 – Bon je prends tout… Après, au revoir !
6 – Hé ! T’es bien pressé ! T’as peur ?
5
– Non, j’ai pas peur. Mais ma femme va me faire une scène si je n’ai
pas fini le jardin avant midi ! Ah ! … le noyé… là-bas … J’ai bien
essayé e l’avertir que la mer allait monter… J’ai gueulé tout ce que j’i
pu, mais il a continué à avancer au milieu du havre et puis il a dû
glisser dans une filandre… il a disparu. Je suis allé voir, mais je n’ai
pas pu mieux faire que planter un piquet avec un fanion rouge… Là-bas,
tu vois ? Il y est encore…
4 – T’es sûr ? J’vois rien !
5 – Il a disparu !
2 – Allez, salut !
1 – Ciao !
Guy et Annie
1 – Marcel !
2 – J’arrive…
3 – C’était long !
4 – Merde ! J’ai crevé…
5
– ça fait la deuxième fois, sans compter la semaine dernière, t’es pas
venu du tout et comme t’as pas de portable, j’ai dû poireauter toute la
journée… je comprends bien que t’as tes poireaux et tes carottes et que
ça met du beurre dans les épinards, mais, quand même !... Surtout que
depuis une semaine, le trafic de salicorne a repris de plus belle et il
faut avoir l’œil et le bon ! Alors, après 12 heures de garde et les 3
litres de petit blanc, j’ai la vigilance qui baise… alors, c’était quoi,
ce coup-ci ?
6 – C’est à cause des cailloux…
7 – Bon… j’ai repéré un truc bizarre…
8 – Quoi ? T’as pas vu de moutons ?
9 – Non, des lumières clignotantes à droite et puis à gauche
8 – C’est un type qui s’est ensablé ?
7 – Hier aussi, y avait des mouvements curieux…
6 – Préviens les flics, on ne sait jamais
5 – Heu… C’est pas nos copains…
4 – Faudra bien le sortir !
5 – C’est trop tard !
2 – Oublie-le !
1 – Ciao !
Annie et Guy
Au corps de Garde de St Germain sur Ay JJ
A2 Faire dialoguer les 2 veilleurs de nuit : 1: je suis le gardien qui s'en va ; 2 : je suis le gardien qui arrive
Boule de neige de mots
Dialogue Brigitte et Danièle
- Transis
- Ouais...frisquet
- le café chauffe
- Avec une petite goutte?
- Y'en reste sous la rosière.
- Bon, je te laisse les consignes.
- Enfin du papier pour ranimer la cheminée !
- En passant à St Germain, prends une petite baguette, s'il te plait
- je préviendrai la Josette que deux bêtes ont péri.
- Crindieu, si c'est pas malheureux.... c'est le mascaret?
- Eblouis par la lune à son apogée;
- Saloperie de lune, aussi ...deux bêtes..
- Chaque mois c'est la même chose, sauf par temps couvert ou pluvieux.
Mais
m'parle pas de ces jours-là, on a l'impression de se dissoudre, dans ce
bout du monde. Chaque nuit de pleine lune, ces maudites bestioles
peuvent pas rester broûter sur le haut de la schorre.
Faut
qu'elles se laissent leurrer par ce putains de staladelles en
colonisation. Et, pour les attraper se laissent glisser dans les
filandres et happer par la slike.
- Noyées dans la slike puante...
- Saloperie de slike puante!
- Bon, j'y va
- Eh ... ta goutte!
- Salut
jeudi après-midi Atelier Coraline
Je me souviendrai,
quand j’arriverai chez moi samedi soir, au retour de Pirou, que j’ai
oublié, à l’aller, de prendre la photo du compteur kilométrique de la
voiture à 152251 km, parce que j’aurai oublié, au retour de le photographier à 153351.
Je me souviendrai,
lorsque je taperai ce texte ce soir ou demain, sur mon ordinateur,
qu’en ce moment précis je me souviens de la chanson « Non je ne me
souviens plus du petit bal perdu… », dont je ne me souviens plus de
l’auteur, mais ont j’ai le souvenir de l’avoir entendue chantée par
Bourvil, il y a longtemps, en N&B et 819 lignes, justement parce que
je suis en train d’écrire ce mémo pour m’en souvenir !
Je me souviendrai,
nécessairement trop tard, au moment e démarre le moteur de la voiture
pour venir à Pirou, l’année prochaine, que j’avais prévu, déj cette
année, d’apporter un petit plat mijoté de ma fabrication, à partager
avec les amis à mon arrivée, mais que j’aurai, à nouveau, oublié de
préparer la veille.
Je me souviendrai, demain, qu’aujourd’hui c’était le lendemain de l’avant-veille, c’est à dire hier.
Je me souviendrai,
lorsque je lirai « Je me souviens » de Perec, que c’est Harry qui lui
avait mentionné le livre de Brainard « I Remember », dont il s’était
inspiré
Je me souviendrai, un jour ou l’autre, de chacune des choses dont il vaudrait mieux ne jamais se souvenir.
Guy
Texte à démarreur : « Je me souvins… »
Je me souvins,
alors que nous arrivions au point de regroupement pour le départ de la
promenade, au cours de la quelle nous allions traverser le havre et
enjamber ses innombrables rus qui le parcourent, de tous ces voyages que
j’avais faits dans de nombreux pays , sans jamais voir la mer.
Je me souvins, lorsqu’on m’invita à célébrer par un discours, mon départ pour de plus hautes fonctions, des paroles de mon père, prononcées,
alors que j’étais enfant, quand nous arrivions à la rédaction du
journal Le Provençal, comme tous les dimanches soir, mais pour la
première fois dans les nouveaux locaux où le planton, qui ne me
connaissait pas, me refusait l’entrée : « Tu vois … Tu donnes un doigt de responsabilité à un imbécile, et tu en fais un con ! »
Je me souvins,
quand quelqu’un m’interrogea sur les circonstances où j’avais connu ma
femme, que pendant mes années d’études à Marseille, je prenais la
micheline pour me rendre à Saint Charles et qu’il était impossible, de
monter dans le wagon bondé lorsqu’elle se tenait en travers de la
portière, sauf à effleurer du nez, en passant, ses « jardin suspendus »,
qu’elle avait fort généreux.
Je me souvins,
dans le train qui me ramenait pour la dernière fois de Paris au
domicile familial, pour y jouir de la retraite, que quinze ans avant, je
voyais mon village pour la première fois et qu’il m’avait paru être un
désert.
Je me souvins,
lorsque nous choisissions le prénom du premier bébé, longtemps avant sa
naissance, que ma belle mère avait interdit qu’on l’appelât Julie, si
c’était une fille, sous prétexte que c’était le nom d’une jeune chienne
vivant dans la famille.
Je me souvins,
en revenant dix ans après sur le même éboulis, à Pralognan, que c’était
là que, portant Guillaume encore bébé dans un siège accroché à mon dos,
je m’étais fait l’entorse à la cheville qui me faisait encore souffrir,
lorsque le temps était humide.
Je me souvins, en entrant pour la quatrième année consécutive de Pirouésie, dans Pirou-pont, qu’il n’y avait pas de pont, à Pirou-pont.
Je me souviens avec insertion dans chaque paragraphe d'un mot du poème appris Atelier Coraline
(Rondeaudendrome de vagues de J Roubaud
Souvenirs d'étés
Je me souviens de cette vague
impression de déjà vu ressentie au moment où la voiture s'engageait
dans une allée sombre, très sombre, un soir d'automne, lorsque le
brouillard montant s'étouffait sous les acacias.
Je me souviens des petites touches déposées sur les vaguelettes par le soleil couchant.
Je me souviens des reflets scintillants d'une rose des sables
Je me souviens d'avoir souffert, perdue dans les mielles et retombant toujours sur des chemins qui montent au milieu des piquants.
Je me souviens de ces courses folles entre champs de poireaux et de carottes au gré des sentiers qui ser- pentent entre roquette et prunelliers.
Je me souviens d'une soirée d'été au Cabanon, lorsqu'au son des violons manouches, j'effleurais furtivement sa fesse d'une main hésitante.
Je me souviens après une semaine frénétique de Pirouésie être au bout du rouleau mais malgré tout sereine
Je me souviens, en ces après-midi de fin de vacances, du geste régulier de ma grand-mère lorsqu'elle écume la gelée de groseille dans une grande bassine en cuivre
Je me souviens encore de chaque pot rempli de confiture brûlante que l'on retourne avant de le laisser se refroidir.
Je me souviens enfin de toutes ces mer-veilleuses vacances passées sur les rivages normands
Brigitte Hohmann
Les vagues touchent le sable
Je me souviens d'un certain vague à l'âme, un soir
Je me souviens de ces paroles qui touchent
Je me souviens des carottes de sable
Je me souviens des salades qui montent
Je me souviens d'être sur la mauvaise pente
Je me souviens des seins libérés qui s'affaissent
Je me souviens d'être arrivée au bout du rouleau
Je me souviens de l'écume des jours
Je ne me souviens plus de quoi il en retourne
Je me souviens que ce n'était pourtant pas la mer à boire
Brigitte Hohmann
jeudi après-midi atelier ?
Sonnets monorimes 1
Principe de ce sonnet
De forme alambiquée
A Pirou est destinée
Me prend de potronminet
Pourquoi ainsi me lancer
Si telle est ma destinée
Que vienne ici une fée
Et trempe dans l'encrier
Lance moi vite une bouée
Que naissent sous les nuées
Mots , vers , rimes en ballet
Côte ainsi sera chantée
Dunes , landes célébrées
Quelques vers à emporter.
Bénédicte
Sonnets monorimes 2
Vers quel joli destin,
Lorsqu'avec ma voisine,
D"une humeur assassine,
Vers Pirou, par le train,
Nous voguions le matin.
Nous aimions la cantine,
pour manger des sardines,
Qui sentaient bon le thym.
Et nous dansions, badines,
En disant des comptines,
Tout au long des chemins.
Mais, voilà qu'il crachine,
Rimons les nuits câlines,
Où Pirou dort enfin.
Eve
Icare – atelier de vendredi matin -JJ
Contrainte JJ: à partir de trois titres de livres (A la recherche du temps perdu, La résistance africaine à la romanisation, et L'amour comme on l'apprend à l'école hôtelière), faire un poème de lieu (le village fantôme) de 11 vers qui garde A la recherche de [nom + adj.], La résistance [adj. ] à [subst en -tion], et L'[nom] comme on l'apprend à l'....
Dédale père d’Icare s’échappe du labyrinthe –
Icare
- C’est malin !
- Pourquoi tu m’engueules tout le temps ?
- Je t’avais dit de bien enfiler le harnais !
- Mais je ne suis pas un cheval ! C’est énervant, ton obsession des centaures !
- C’est parce que les centaures sont sans reproche.
- Y’a un jeu de mots là-dessous ? C’est pas le moment. J’ai le vertige.
- Comment ai-je pu engendrer une pareille mauviette, je n’aurais jamais dû t’emmener dans ce labyrinthe !
- Qu’est-ce que tu peux être castrateur, comme père. Déjà que tu es nul comme pédagogue…
- C’est pas le moment de philosopher, pédale plus fort, on doit prendre de l’altitude.
- Je pédale, je pédale… Tu aurais pu penser aux cale-pieds, quand même.
- Tu sais bien que j’ai fabriqué cet engin au pied levé.
- Même
comme ingénieur, ta réputation est usurpée ! Tu as eu le temps qu’il
fallait pour peaufiner ta machine, tout le temps qu’on a été enfermés
dans ce sacré labyrinthe. Ah je regrette de n’être pas resté avec mes
potes au bistro chez Œdipe !
- Tu sauras qu’on ne peut rien contre le destin, mais je sens que le nôtre tourne mal…
- Oh ! A l’aide, je perds les pédales !
- Je crains de devoir très vite inventer le pédalo.
- Aïe, aïe, Maman, ouille, ça brûle !
- Tiens bon, mon altimètre indique nous allons rapidement être refroidis…
Danièle Wargny et Jean Clais
Icare
- Sapristi ! Je ne le trouve plus, ce plan.
- Quel plan, p’pa ?
- Ici, le plan du labyrinthe.
- Ah ? Euh… pour quoi faire, p’pa ?
- Ah bon ? Et comment qu’on va faire p’pa ?
- Je ne vois pas d’autre solution que de partir par les airs comme les oiseaux.
- Comme les zoziaux ? Vraiment, p’pa ?
- Tu vois des plumes et quelque chose qui pourrait servir de colle ?
- Euh… attends… ça a des plumes, un minotaure, p’pa ? Genre, taureau ailé, tu vois.
- Mais non Icare, je te l’ai déjà décrit. Oh, mais avec cette terre huileuse, on va faire de la cire.
- Ah ? Et pourquoi faire p’pa ? Tiens ! Une plume ! Oh, y’en a plein, là, regarde !
- Allez, en voilà de belles ailes ! Je t’accroche les tiennes.
- OUAHOU ! Classe ! J’essaie un peu pour voir… Hé, mais je vole ! Je voooole !
- Va pas trop vite, Icare, ta mère s’inquièterait.
- T’en fais pas p’pa, je contrôle ! « Allô, Papa Tango, Charlie… Allôôôôôôôôô !! P’paaaaaaaaaaa !!!
- Ah malheur ! Nous sommes maudits par les Dieux ! Faisons le numéro d’urgence internationale.
- Gloup gloup gloup gloup.
- Trop tard, la brigade des pompiers crétois est de toute façon très inefficace. Ah, mon fils, malheur fatal !
Marie Duriez / Valérie Lotti
Vendredi après-midi
Vers la plage d'Armanville
Rattraper le groupe, procession alignée.
Désirer piquer une tête au fond du puits.
Ne pas saluer Monsieur Maclou qui taille sa haie.
Envier tous ces petits papillons insouciants.
qui folâtrent gaiement au sein des herbes hautes.
Cueillir une tige de fenouil odorant
Pousser son bras au fond d'un terrier de lapin
sentir la douceur ,la chaleur du sable chaud.
Pousser son bras au fond d'un terrier de lapin
sentir la douceur ,la chaleur du sable chaud.
mais le terrier est vide, inhabité, délaissé.
Bien sûr! Puisque nous l'avons mangé ce midi!
Recueillir une mûre au milieu des poireaux
la déposer entre la langue et le palais.
presser, avaler cette goûte de jus savoureux.
jouir de tous ses sens malgré la fatigue.
Escalader la butte et contempler la mer.
Brigitte
Combinaison d'un poème de métro/ poème à 2
Ecrire un sonnet à l'anglaise* , autant que possible en alexandrins,
* sonnet à l'anglaise : système de rimes
ABAB CDCD EFEF GG
Ecrire un vers dans sa tête
Le coucher sur papier
Passer son texte à un autre
qui doit lire le texte et donner la rime suivante
Clôture
Partons vers la mer pour clore Pirouésie.
Quand répareront-ils cette vieille clôture ?
Pas cette semaine, toute de frénésie.
Sans doute après le salon de l'agriculture.
Que tous nos souvenirs nous chauffent cet hiver
Quand nos feuillets se seront envolés au vent
Gommant des contraintes oulipiennes le calvaire
Satisfaits de s'être engagés sans paravent
Rimer les oyats, la salicorne et la mauve
Préférer trousser l'huître que pêcher l'anguille
Eviter ces trous d'eau qui sentent le fauve
Aller à la plage pour chercher un gorille
Et le festival se clôt en toute gaieté
Réparons ce portail, rêvons de cet été.
Brigitte Hohmann
Poème
de marche, poème de métro sans métro, sonnet à l’anglaise en
alexandrin, mot rime imposée par un tiers sauf premier et dernier vers
qui sont personnels.
Sonnet à l’anglaise : ABAB-CDCD-EFEF-GG.
Que faut-il bien faire pour ne pas être acteur ?
Un costume mal taillé, un pantalon trop vert.
De quoi tromper le monde et m’exposer en leurre
Ne pas lui ressembler, me dégager du père.
Me teindre les cheveux, devenir un peu roux.
Retrouver des traits fins, laisser pousser la barbe.
Jamais je ne pourrai me parer d’un œil doux
Et me défaire enfin de cet accent de Tarbes.
Je suis bien décidé, planté sur mes talons
Des sourcils de charbon, aiguisons la canine
Dressons l’encolure des fiers étalons
Je quitte le village et gagnerai la Chine.
Le rythme de mon pas que je croyais perdu
Renaitra au soleil de Shangaï, de ses rues.
Yves, 12 août 2011 en allant à la plage d’Armanville en quittant le bourg.
vendredi après-midi - Retour de promenade à la plage JJ
A
la manière de Ian Monk. Choisir un personnage célèbre. Commencer tous
les vers par lui. Faire suivre un verbe qui change à chaque fois.
Définir ensuite des évènements qui sont vus ou faits par le personnage
en s’inspirant du paysage traversé en revenant de la plage d’Armanville
jusqu’au bourg,
Le mari de Carla, un garçon charmant.
Le mari de Carla n’appréciait pas l’air du large.
Le mari de Carla retournait chez lui souvent seul. Ah !
Le mari de Carla énervait ses parents qui le renvoyaient sur le champ.
Le mari de Carla se trouvait privé de plage.
Le mari de Carla jetait du sable dans l’œil de ses copains.
Le mari de Carla trainait les pieds sur la route.
Le mari de Carla jugeait que la claque n’avait pas été forte. Même pas mal !
Le mari de Carla marchait toujours très à droite. « Sécurité » pensait-il.
Le mari de Carla se moquait des gens au regard étonné.
Le mari de Carla méprisait les paysans.
Le mari de Carla n’aimait pas les poireaux.
Le mari de Carla détestait les maraîchères.
Le mari de Carla exécrait les carottes.
Le mari de Carla criait pour faire peur aux oiseaux.
Le mari de Carla jetait des pierres aux épagneuls, en plus bretons.
Le mari de Carla injuriait les gosses du voisinage.
Le mari de Carla ignorait le mot : STOP.
Le mari de Carla ne se faisait jamais écraser. Merde !
Le mari de Carla gonflait tout le monde quand il rentrait au bourg.
Le mari de Carla nous cassait les couilles, quoi !
Le mari de Carla mettait les papiers dans le container à verre.
Le mari de Carla faisait tout à l’envers.
Le mari de Carla n’avait jamais tord mais beaucoup de travers.
Le mari de Carla saccageait les hortensias, n’épargnant pas les têtes.
Le mari de Carla piétinait surtout les roses. Aïe !
Le mari de Carla s’infiltrait dans l’église.
Le mari de Carla adorait les clochers attisant les querelles.
Le mari de Carla pissait contre le mur du presbytère.
Le mari de Carla voulait devenir le plus fort des camemberts. Cool ! Même pas on l’eut cru.
Le mari de Carla était alors enfant avant de devenir chef des garnements.
Allez, quel est le camembert qui veut être élu le plus fort et se prendre pour le meilleur… ?
Même pas bon !!
Yves, 12 août 2011 en allant de la plage d’Armanville au bourg.
Agathe
Agathe veut partir
Agathe est pressée
Agathe foule le sable à petits pas rapides.
Agathe pose ses pieds comme des ailes d'oiseau
Agathe enfile presque sans s'arrêter ses sandales
Agathe écrit
Agathe pose ses pieds sandalés avec un écartement moindre
Agathe se relit
Agathe me sourit
Agathe passe la main tenant son stylo dans ses cheveux
Agathe baisse légèrement la planchette de bois tenant son cahier
Agathe lève la pointe de son stylo bleu-couleur-de-la-veste-de-sa-voisine
Agathe approche la pointe à bille de sa feuille
Agathe écarte le bras gauche
Agathe se gratte la tête avec l'index sur lequel repose son stylo
Agathe chauffe
Agathe libère légèrement l'échancrure de son T-shirt
Agathe écrit
Agathe explique à sa voisine une histoire d'Alex Andrain qui rime - Où l'a-t-elle connu cet Alex?
Agathe omet de l'expliquer
Agathe conduit la mine de son stylo d'un bout à l'autre de la ligne
Agathe repousse d'une main gauche agitée l'ensemble de ses mèches
Agathe regard sa feuille
Agathe regarde à droite
Agathe regarde devant
Agathe pointe le menton vers les panneaux du carrefour
Agathe relève son écritoire
Agathe note, non
Agathe rédige
Agathe accélère le pas
Agathe accentue sa démarche oscillante
Agathe accroche des yeux et des lèvres les champs de carottes, les talus et les haies
Agathe accroche son regard à la couronne d'un érable
Agathe entend une sittelle
Agathe écrit
Agathe abaisse ses outils d'écriture
Agathe parle
Agathe dépose de nouvelles hiéroglyphes sur son parchemin
Agathe se relit
Agathe bat la mesure avec son crayon
Agathe écrit en attendant de traverser
Agathe écrit en traversant
Agathe penche la tête
Agathe perd sa tête
Agathe récupère sa tête
Agathe tient son stylo bleu-couleur-de-la-veste-de-sa-voisine perpendiculairement à son bras droit
Agathe regarde sa voisine
Agathe rigole
Agathe discute
Agathe tient son stylo bleu-couleur-de-la-veste-de-sa-voisine parallèlement à son bras droit pointé vers le sol
Agathe va trop vite
Agathe parle trop
Agathe est toujours pressée
Agathe oublie d'écrire
Agathe écoute sa voisine, discute et ne touche plus ses cheveux
Agathe joue avec son crayon
Agathe exécute des va-et-vient désordonnés de la main droite
Agathe saoule son stylo bleu-couleur-de-la-veste-de-sa-voisine
Agathe émet beaucoup de phrases négatives à la première personne
Agathe se serre derrière sa voisine à la veste bleue
Agathe laisse passer le fourgon à remorque des mytiliculteurs
Agathe reprend le milieu de la rue
Agathe attend sa voisine à la veste bleue-couleur-du-stylo-d'Agathe
Agathe réfléchit
Agathe se demande si elle va suivre le panneau et le reste du groupe
Agathe décide de continuer le chemin connu
Agathe reprend le balancement ondoyant de ses hanches
Agathe accentue sa démarche de danseuse
Agathe laisse à nouveau ses talons presque se caresser à chaque pas
Agathe effectue des mouvements rotatifs avec son stylo bleu-couleur-de-la-veste-de-sa-voisine
Agathe entre sous le porche
Agathe ralentit devant la porte du presbytère
Agathe se retourne
Agathe me regarde
Agathe disparaît.
Soirée concert à la salle des fêtes
Lecture finale
Présentation polyglotte
Récits historiques en style changeant
1 : langue de bois
-« Je
vous ai compris : ce sera tolérance zéro. Il est insupportable que nos
amis soient traités de cette façon. Nous nous devons d’intervenir et de
les passer au karcher, afin de les débarrasser des ces sauvageons. »
2 : registre de la science fiction
Fond
plat aérodynamique en matériau à mémoire de forme, rebords en titane et
aluminium brossé, la marge Faucon Millénium filait à la vitesse-lumière
et semblait flotter sur une pluie de d’étoiles. Arrivée à destination
sur la lointaine planète Omaha, qui avait la particularité d’être bleue
le matin et rouge l’après-midi, le robot-pilote Eisenhower commanda
l’ouverture des portes.
3 : fautes de syntaxes (solécismes, anacoluthes)
-
« Faut que j’y vais » dit le soldat Ryan, malgré qu’il avait peur. Il
était dans un état second, avait les jambes en coton-tige. Le fiançé à
sa sœur, celui qu’était aussi à la guerre ne l’avait pas prévenu pour
ça : les ennemis veultent tous les tuer.
4 : registre du film d’horreur
Omaha
la sanglante : elle méritait bien son nom. Le sang se mêlait à l’eau,
les balles à fraction et les obus faisaient du dégât. Les yeux
explosaient, la cervelle éclaboussait le sable. Les bulots allaient se
régaler, les crabes éviscéraient déjà les soldats déjà morts, qui
flottaient tels des zombies.
5 : langage désuet, suranné
Diable, qu’il était beau ce rouge presque purpurin sur ces plages occupée par l’armée teutonne. C’était si pittoresque !
6 :clichés
Ryan,
dans toutes ces couleurs qui rappelaient un tableau de Matisse ou une
aquarelle de Marie Laurencin prit son fusil. Il appuya sur la gâchette.
La balle partit dans un océan d’étincelles, et atteignit un vil
allemand, Fritz, grand blond aux yeux bleus.
7 : interjections
Pan, zwin, clac.
-« Ah, oh, arghhh, merde, je meurs » se dit l’allemand.
8 : phrase longue (tirer à la ligne)
Ryan
jubilait : cela lui rappela son enfance à la mer, quoiqu’il aimait bien
aussi aller à la montagne, mais la moyenne montagne, pas la haute. La
mer, royaume du bulot et des huîtres, qu’il adorait, contrairement à
beaucoup d’autres, chacun ses goûts, chaudes sur un lit de laitue, dont
la couleur ressemblait étrangement aux algues de cette plage, ou il
aurait aimé faire des châteaux , même s’il n’était pas un spécialiste,
contrairement à son cousin qui faisait même des concours, plutôt que la
guerre. Il faut dire que six kms de sable fin, cela laissait de la
place : Omaha Beach était une si belle plage, contrairement à Juno Beach
par exemple qui était beaucoup plus petite.
9 : traité de médecine-anatomie
NFS,
chimie, iono, gaz des sangs : le soldat semblait bien en mort
cérébrale, et après autopsie, d’une maladie auto-immune doublée d’un
lupus. Heure du décès : 15h30. La balle avait atteint le cortex
sous-dural et la zone rachitique et fait exploser l’hémisphère nord.
10 : romance à l’eau de rose
Dans
un dernier souffle, Fritz pense à Pamela et à son amour démesuré. Il
l’avait demande en mariage au sommet du Reichstag, juste avant de partir
à la guerre en lui offrant la bague de fiançailles de sa grand-mère.
Les yeux humides mais néanmoins pétillants, elle avait accepté sans
hésiter d’être sa femme, pour le meilleur et pour le pire, ici, et pour
des siècles et des siècles. Ils voulaient beaucoup d’enfants. Ils
avaient alors bu du champagne français pour fêter cela et s’étaient
étreints très tendrement, les lumières de la ville les enrobant. Que
deviendrait-elle sans lui ?
11 : anglicismes
Quand
à Ryan, c’est le big bang. Pour le pauvre GI en rangers, fin du Day-D.
Pas de happy-end, pas de distribution de chewing-gum. La balle d’un
sniper, caché derrière un tank dont les warnings clignotaient le
surprit. Bye bye baby, US go home.
(Stéphanie Dudek)
L’enlèvement des Sabines
1 : Gore.
Marcus
gisait sur la plaine, ensanglanté : un coup de glaive bien placé
l’avait fait rejoindre le tas de membres arrachés, de tripes et de
cervelles écrasées.
2 : Eau de rose.
Au moins s’était-il battu jusqu’au bout pour celle qui avait fait chavirer son pauvre cœur.
3 : Traité de médecine.
En
effet, le pourcentage minime d’individus de sexe féminin à Rome avait
fait décroitre le taux de natalité : en l’absence de gamètes femelles,
la reproduction sexuée était formellement impossible.
4 : Langue de bois politique.
Romulus
s’était donc écrié, le poing levé : « Allons camarades ! Rendons-nous
chez les Sabins et faisons preuve de courage, battons nous pour l’Empire
Romain ! »
5 : Cliché littéraire.
Le peuple partit donc à l’aube, l’espoir au cœur, à travers monts et forêts.
6 : Langage bébé.
« Maman, j’ai bobo là !
7 : Fautes de syntaxe.
Qu’est-ce que j’ai fort mal où ce qu’on a planté un glaive à l’intérieur ! » s’écriait Marcus,
8 : Langage démodé.
retenant avec difficulté un « Diantre fichtre ! ».
Dialogues de corps de garde
-Salut !
-Bonjour Zorro !
-Il était temps !
-Ils étaient encore là !
-Mais moi, je m’ennuyais.
-Ils avalaient en aval les limoniums. (Les limoniums sont mauves. Les coraniliums sont noirs les olivierums sont jaunes. En
ik , ik slik, lik ; wrik en bic. Mijn mik vertikt, likt, en bict. Slik,
wrik, bic, mik, tik, lik, sik. Likker de likker de slik. En ik, ik
slik. Les moutons, ils slikkent aussi. Ils avalent en aval les limousins.)
-Les moutons ? Ils courent devant la mer.
-Ils broutent les saligauds et les salicornes de saloperie.
-Oui, c’est salé ! Imagine le goût du lait !
-Et le bruit des pets, havre de pets !
-C’est pour ça, je m’ennuie.
-La mer ne s’ennuie jamais.
-Mais parce qu’elle bouge !
-Elle ronronne sans cesse.
-Je dois bouger !
-Bouge donc !
-Liberté !
(Bart et Zoé)
1) Déjà!
2) Et oui!
3) Mais dis donc!
4) C’est trop vite?
5) Les moules dansent la tahitienne!
6) Mais oui! Et la Salicorne galope?
7) Non, elle traverse le shore en short.
8) Et le slikke en slip? Non, mais vraiment…
9) La viande de terre lave la lavande de mer.
8) Diantre! Quoi d’autre à signaler pour aujourd’hui?
7) Les cormorans incorporent les corps de garde.
6)
Quoi? Une invasion? Faut sonner, Barthagnan! A la garde! A la garde!
Lacez vos côtes de mailles, mettez vos chaussures! Il faut agir!
Branle-bas de combat! Visez-moi ces cormorans incorporés! Visez mieux!
Du renfort! Barthagnan! Barthagnan!
5) Me voilà! Barthagnan te salue.
4) Va prévenir la ville!
3) J’y vais.
2) Vas-y.
1) Baai
(Zoé et Bart)
– Ola !
- ça gaze ?
- Suis Clément, garde
- Tu es le nouveau, alors ?
- Oui, oui... Ce sont des moutons ?
- Des moutons mon oeil ! L'ennemi déguisé !
- L'ennemi ? Oh, les fourbes ! Vite, les armes !
- Au contraire, faisons comme si de rien n'était !
- Plus prudent d'appeler les renforts rapidement, non ?
- Et comment faire avec cette pleine lune ?
- Se couvrir de salicorne et ramper...
- On risque d'être broutés...
- Je tente le coup !
- Je te suis !
- Alors go...
- Bêêê !
(Marie-Hélène Lemoine et Stéphanie)
- Toi
- Qui moi ?
- Toi qui marche
- Pourquoi es-tu trempée ?
-
J’ai traversé le Schorre à l’aube quand la mer était au flot, quand les
cormorans criaient, quand le soleil sur le slikke montait, quand le
ciel peignait de larges fresques sombres, quand les moutons remontaient
le pré salé, quand je t’ai vu, quand je t’ai voulu aller te chercher,
quand j’ai vu la mer monter, quand j’ai choisi de me baigner… Quel froid
maintenant, qualle faim aussi !
- Veux tu du chorizo ?
- Chorizo à la salicorne, au limonium fleuri ?
- Avec ce qu’ils nous donnent… Je rêve.
- Oui, rêve ! Rêve d’épices et de pays lointains !
T- es vers se perdent aux pays du vent…
- Ah… Ce vent incessant me rend dingue
- Dingue de moi j’espère, non ?
- Avec du piment fort, peut-être…
- Espelette une relève douce
- Escampette et farniente…
- … de pain
- Dégustons !
(Sophie R et Yves)
Poésie
Choses qui donnent envie de se lever
Aller voir le rayon de soleil qui perce enfin le nuage
Les fourmis dans mon pied gauche
Une musique pleine de souvenirs
Les confitures maison au petit déjeuner
Une bonne odeur de café
Quelques notes que tu joues au piano
L'envie de voir la mer
Une crampe
Un livre à continuer
Le rendez-vous de 9 heures au presbytère de Pirou
(collectif)
Comme on l’apprend
Le beau comme on l’apprend au musée des horreurs
Le passé comme on l’apprend aux ruines actuelles
Le silence comme on l’apprend aux souffles maritimes
Le ciel comme on l’apprend aux frasques nébuleuses
La paix comme on l’apprend aux murs déchiquetés
La couleur comme on l’apprend aux rayons fantasques
Le pied comme on l’apprend à la marche ensablée
Le désert comme on l’apprend aux lieux désaffectés
Le temps comme on l’apprend aux contraintes dictées
Le style comme on l’apprend aux restes lapidaires
L’écriture comme on l’apprend à la cité fantôme
(Elisabeth)
Je mâche la lumière
Le jour s’inscrit au ciel comme un murmure bleu
Je mâche la lumière
Ca me grandit, un peu.
Ca me transperce aussi, ça s’enroule à mon cou
Les rayons sur nos peaux en partage ont bon goût
C’est comme un ouragan qui vient me chercher loin
Qui bouscule mes sens, colore les matins
Une présence infime
Jusqu’alors oubliée
Une élégance intime
Qui m’avait échappé
Une évidence ultime
Que je ne cherchais
plus
Je lâche la lumière
La nuit s’ancre déjà sur la mer en miroir
Je lâche la lumière
Je n’ai pas peur du noir
(Amélie Charcosset)
Chœur de lecteurs
à lire en trois étapes
texte farci sans délimitation
texte d’origine
texte en chœur de lecteurs
avec Laura Monk, Marie Duriez, Sophie Mignot, Jean-Marc Sciauveau, Bart Van Loo, Stéphanie Dudek, Pablo Martin
à partir d’un texte de
Paul Fournel, Poils de Cairote, 21 mai 2002
et avec les textes de
Hervé Le Tellier, Sonates de Bar,
Paul Fournel, Les athlètes dans leurs têtes,
Marcel Arland, Zélie dans le désert
Francis Ponge, Le parti-pris des choses
Corneille, Le Cid
Henri Bauchau, L’enfant bleu
Brasillach, Anthologie de la poésie grecque
Retournant
à l’université du Caire, envahi et fracturé par la germination, creusé
et comblé par la terre meuble, avec les amis poètes, voici mes orphelins
aux cheveux jaunes, que j’avais trouvés au fond d’un placard, je
constate que le nombre des filles, petites poulettes, comme disaient mes
grands-mères, qui portent le foulard, malheureux objet d’une injuste
rigueur, profonde et pleine de recoins, des plus conventionnelles, a
encore augmenté, le plus vite possible. Si l’on excepte les deux ou
trois qui le portent de façon élégante, sur le tabouret, voire coquine,
le spectacle est plutôt consternant. Je suis très déçu. Leurs figures,
leurs corps se fendillent. J’en sors encore l’odeur, sur le bord d’une
médiocre rivière. Tous ces foulards, dans l’ombre, dans la stupeur et la
résignation, donnent chaud au crâne. Et puis, dans un recoin sombre et
primaire de moi-même, chaque recoin de leur robe était plein à craquer,
les pelotes de laine et les boutons d’une corbeille, le pommeau d’une
canne, un rouet, une chaufferette de cuivre, la panse d’une bonbonne
d’huile ou d’eau de vie et çà et là un livre, mon âme de petit-fils de
coiffeur, c’est un métier d’homme, et de fils de coiffeuse, un métier
humain, mon âme ne peut pas se défaire de l’idée que, avec tous ces
foulards, traités de façon sommaire, la faillite est proche. Champagne !
Ô Dieu, l’étrange peine, que je sens de rudes combats. Pour la dernière
fois, je suis agenouillé.
Retournant
à l’université du Caire, avec les amis poètes, je constate que le
nombre des filles qui portent le foulard a encore augmenté. Si l’on
excepte les deux ou trois qui le portent de façon élégante, voire
coquine, le spectacle est plutôt consternant. Tous ces foulards donnent
chaud au crâne. Et puis, dans un recoin sombre et primaire de moi-même,
mon âme de petit-fils de coiffeur et de fils de coiffeuse ne peut pas se
défaire de l’idée que, avec tous ces foulards, la faillite est proche.
Paul Fournel, Poils de Cairote, 21 mai 2002
Retournant à l’université du Caire,
envahi et fracturé par la germination, creusé et comblé par la terre meuble,
avec les amis poètes,
voici mes orphelins
aux cheveux jaunes,
que j’avais trouvés au fond d’un placard,
je constate que le nombre des filles,
petites poulettes,
comme disaient mes grands-mères,
qui portent le foulard,
malheureux objet d’une injuste rigueur,
profonde et pleine de recoins,
des plus conventionnelles,
a encore augmenté,
le plus vite possible.
Si l’on excepte les deux ou trois qui le portent de façon élégante,
sur le tabouret,
voire coquine, le spectacle est plutôt consternant.
Je suis très déçu.
Leurs figures, leurs corps se fendillent.
J’en sens encore l’odeur,
sur le bord d’une médiocre rivière.
Tous ces foulards,
dans l’ombre,
dans la stupeur et la résignation,
donnent chaud au crâne. Et puis, dans un recoin sombre et primaire de moi-même,
chaque recoin de leur robe était plein à craquer,
les pelotes de laine et les boutons d’une corbeille, le pommeau d’une canne, un rouet, une chaufferette de cuivre, la panse d’une bonbonne d’huile ou d’eau de vie et çà et là un livre,
mon âme de petit-fils de coiffeur,
c’est un métier d’homme,
et de fils de coiffeuse,
un métier humain,
mon âme ne peut pas se défaire de l’idée que, avec tous ces foulards,
traités de façon sommaire,
la faillite est proche.
Champagne !
Ô Dieu, l’étrange peine, que je sens de rudes combats.
Pour la dernière fois, je suis agenouillé.
La sexualité des livres
Tintin, mode d'emploi (Georges Pergé)
L'histoire
se passe au jardin de Moulinsart. Celui-ci se présente comme un
bâtiment auquel on a enlevé la façade au grand dam de son propriétaire,
le capitaine Haddock. Le héros, Tintin, se déplace de pièce en pièce
d'une façon qui semble tout d'abord erratique au lecteur mais celui-ci
apprendra plus tard le cheminement après avoir consulté le cahier des
charges que s'est fixé Pergé.
Tintin
ne doit, en effet, jamais repassé deux fois dans la même pièce, ce qui
rend difficile la ren,contre entre les protagonistes de l'histoire : le
capitaine Haddock, le professeur Tournesol, le Dupond et Dupont et le
fidèle Milou.
Les
Dupond et Dupont (notons au passage, l'amour des jeux de mots de
Pergé...) doivent reconstituer les différents puzzles postés lors de ses
voyages au long cours par le capitaine Haddock. Ceux-ci ont été
réalisés à partir d'aquarelles qui avaient la particularité d'être
réalisées non à base d'eau mais à base de whisky.
On
ne dira pas au lecteur, le devenir des ces puzzles reconstitués mais
nous signalerons simplement que le sympathique Milou est implique dans
le processus de leur destruction.
Dans
chaque pièce, se trouvent des souvenirs rapportés par Tintin et Haddock
lors de leurs aventures. Ces objets sont décrits avec une précision
digne d'un ethnologue. Un squelette de Yéti coloré en rouge apparaît,
par exemple, dans la chambre de la Castafiore.
La
dernière pièce ne sera jamais visitée car dans la partie d'échec de
Pergé contre lui-même, le mat a été rapidement obtenue et la progression
du cavalier a été stoppé net..nous n'en dirons pas plus!
(Françoise)
Les Malheurs du Temps Perdu de Marcel de Ségur
Le
petit Marcel perd son temps en faisant beaucoup de bêtises : il ne veut
pas aller se coucher, quand il est dans son lit, il appelle tout le
temps sa maman alors qu’elle le lui a interdit, il mange toutes les
madeleines que sa tante malade garde pour elle près de son lit, il
s’amuse à desceller les pavés de la cour juste pour se sentir en
déséquilibre. Il embête beaucoup sa petite amie Albertine, parfois il
l’enferme à double tour dans sa chambre. Madame de Fleurville, une amie
de sa mère, lui fait sévèrement la leçon, et après beaucoup de temps il
deviendra un gentil garçon.
Ce livre est à conseiller quoiqu’un peu long.
(Marie Duriez, L, P)
Bristols Sophie
Contrarios
L'agréable pondération du néant ® l'insoutenable légèreté de l'être
Stationnement au début de la journée. ® Voyage au bout de la nuit
Hebdomadaire d’une nonne citadine ® Journal d’un curé de campagne
Le tramway de la métropole athée ® El ferrocarril de Santa Fives
Tu viendras sucer sous nos berceaux ® J’irai cracher sur vos tombes
DIVERS NON CLASSES
Exercice de style
Stéphanie DUDEK
Je me souvins que, six mois plus tôt, je ne connaissais pas même le nom de Pirou, étais loin d'imaginer ce qui s'y tramait chaque été et que c'est Olivier qui, le premier, m'ouvrit les chemins de la Pirouésie. A lui, un grand MERCI !
Je me souvins qu'il y avait alors peu de chance pour moi de venir en Normandie, cet été, tant je demandai tard mon inscription ; mais c'était sans compter les pouvoirs de Robert, le Magicien pirouète, qui en quelques heures fit apparaître une chaumière près de la mer, trois princesses pour m'y tenir compagnie, plus une, conductrice de citrouille transformable en carrrossse passée la minuit. Est-ce la fée des Landes qui l'a initié à ces sortilèges ?
Je me souvins qu'au moment de fermer ma porte, ce dimanche 7 août 2011, je ne devrais pas manquer de murmurer, qu'il pleuve ou qu'il vente, le viatique de Giono : "Le soleil n'est jamais si beau qu'un jour où l'on se met en route." (Les grands chemins)
Je me souviens de la joie extrême qui m'envahit quand Jacques m'apprit qu'un poème de métro pouvait très bien s'écrire sans métro : ainsi, partout où j'irai désormais, je pourrai à tout instant prendre le métropoétique !
Je me souviens des lectures croisées au manoir de la Rapillerie et du goût de la cerise.
Je me souviens des petites Mielles, d'un cheval fougueux et du feu de joie qui brûle encore en mon âme à la manière d'un grand soleil.
Je me souviendrai du goût des mirabelles au jardin de Créances, de celui, rêvé, de la fleur d'ajonc dans le thé des landes de Lessay et celui de la salicorne fraîche du havre de l'Ay.
Texte de Fénéon
Contrainte : Redondance (énoncez chaque terme narratif de façon double et répétée, mais au moyen d’expressions différentes).
Cela
s’est déroulé, enfin plutôt s’est passé vers 21H30, le soir. Jiji,
jeune adulte de 19 ans descendait rapidement les escaliers, dévalant
vite les marches, habillée et vêtue comme son habitude, et comme tous
les soirs d’une mini-jupe courte avec des petits pois ronds, et d’un
débardeur sans manche, mais avec un col de fourrure avec des poils. Elle
avait les yeux charbonneux, trop maquillés de noir, et ses lèvres
purpurines étaient vraiment rouge. Des paillettes étincelaient sur ses
joues, là, juste sous les yeux et de chaque côté du nez.
Son
père, qui lui avait donné son nom était un digne horloger stéphanois
connu, dont la boutique et le magasin se trouvaient à Saint –Etienne.
C’était un horloger particulièrement connu et célèbre pour ses montres,
ses coucous, ses chronomètres, ses carillons, etc., et tutti quanti. La
regardant et la voyant, la moutarde lui monta encore une fois au nez et
il se sentit énervé. Il la trouvait vraiment trop peu austère et
vraiment frivole. Elle allait encore danser et bouger au rythme de la
musique, transpirant et suant sur la piste-dancefloor d’une
discothèque-boite de nuit, le « swing-swing ».
-« Trop, c’est plus qu’assez », s écria-t-il en hurlant d’une grosse voix énervée.
Il
prit un bon couteau aiguisé, celui avec une lame qui coupait et
tranchait très bien, et de rage et de colère l’enfonçant et la planta
dans la partie gauche de la poitrine de sa fille, dans le cœur,
sauvagement et de façon incontrôlée.
Monsieur
Jallat avait beaucoup de descendants, mais aussi une nombreuse
progéniture. Aucun des onze frères et sœurs, qui avaient les même
parents que Jiji ne réagit et ne fit quelque chose, sauf Benjamin, qui,
drôle de hasard, et sans vraiment l’avoir fait exprès, était non
seulement le benjamin de la famille, mais aussi le dernier puiné, après
une paire de jumeaux qui se ressemblaient très fort, jusque dans leur
visage et leur figure. Benjamin donc, jeune adolescent de 13 ans, qui
composa sur son petit GSM, un téléphone portable compact, le 15 et le
112, pour appeler des secours et de l’assistance.
Ce fût trop tard, il n’a pas été assez rapide : elle est morte des mains de l’auteur de ses jours, tuée par son darron.
La
police, ainsi que les gardiens de la paix vinrent et arrivèrent vers
23h30, tard le soir pour remarquer et constater le décès de la morte.
Contexte :
À partir d'un fait-divers rédigé par Félix Fénéon, dans un journal de la fin du 19e siècle :
Jugeant
sa fille (19 ans) trop peu austère, l'horloger stéphanois Jala l'a
tuée. Il est vrai qu'il lui reste onze autres enfants.
Exercice de style : le réécrire avec un luxe de détails.
Excédé
depuis des lunes par l'attitude trop peu austère que sa fille adoptait
en public (elle venait de fêter ses 19 ans il y a dix jours, neuf
heures et trente-six minutes en réservant le cinéma local pour y
projeter des films pornographiques à tous ses amis ; durant la messe,
elle mangeait goulûment des hosties couvertes de confiture sur le
parvis de l'église ; elle changeait de tenue au moins deux fois par
jour, ne se souciant ni du qu'en dira-t-on ni de la mode ni de la
météo, par exemple, en se promenant en bikini dans la rue principale
et commerçante de la ville en plein hiver), un horloger qui, bien
qu'ayant fait ses études à Lyon, à Genève et à Lausanne, s'était
installé à Saint-Étienne, non pas à Saint-Étienne de Montluc dans la
Loire-Atlantique ni à Saint-Étienne de Timée, dans les Alpes-Maritimes,
encore moins à Saint-Étienne de Saint-germain en Isère et surtout pas à
Saint-Étienne du Rouvray, dans la Seine-Maritime, non, à
Saint-Étienne, sur le Furens, à 517 m d'altitude et à 462 km au Sud-Est
de Paris, ce qui justifiait son nom, inconnu dans cette région : Gela,
cet horloger donc la tua en lui enfonçant lentement une aiguille d'une
horloge normande à balancier de grande dimension qu'il avait héritée
de sa grand-mère et qui avait d'ailleurs sur le coup de ses douze ans
déclenché chez lui une vocation irrépressible, et ce, au niveau de la
veine cave inférieure.
Cela
ne le chagrina point car il disposait encore de onze enfants qu'il
avait eus au cours de trois mariages antérieurs, l'un avec une certaine
demoiselle de Fauche, le deuxième avec une fille Corset et le
troisième, pour peu que je m'en souvienne, avec une de ses servantes
qui portait le joli nom de Tristounette, ce qui pourrait excuser en
partie le comportement assassin qu'il développa par la suite
Henri Landroit.
Henri Landroit.
Sur un texte de Félix Fénéon
1 – Monovocalisme en A ev
Sa
nana, pas gaga l’agaçant, Jallat, , marchand d’abats à Palavas (Gard),
l’attacha, la frappa bas, la massacra. Ramdam sanglant à Palavas !
Par baraca, Jallat s’alarma pas : gars malabars, nanas à blabla bras ballants, ça va à papa Jallat. Marrant, ça !
Eve Vaillend
2- Exagération bl
Ayant
décrété que sa gourgandine de fille aînée ( 19 printemps) avait des
mœurs dissolues et s’affichait , outrageusement vêtue, aux bras des plus
décadents ; le stéphanois , Jallat , horloger de son état , l’a
sauvagement assassinée , l’a dépecée puis a dispersé les morceaux aux 4
coins de St Etienne. Ce travail ayant été bien sûr accompli avec tout
l’art propre à sa profession : méthode , habileté , minutie , rapidité :
louons ici ce travail d’orfèvre.
Il
est vrai , à sa décharge et pour sa défense qu’il reste à ce pauvre
homme , 11 bouches à nourrir et l’on sait combien les enfants sont
difficiles à contenter . On compte sur lui pour statuer sur ces cas et
pour faire preuve d’une créativité qui ne sera sans doute pas sans nous
étonner.
Bénédicte Lecarpentier
Fénéon exclamations (Olivier Salon)
Comme sa fille était belle !
Et qu’elle était court-vêtue !
Et que le père
— Le Jallat ?
— Le Jallat !
Etait colérique !
Et violent !
Elle n’avait pourtant que dix-neuf ans !
La pauvre !
Si jeune et tuée par son père !
Un Œdipe à l’envers, en somme !
Aussi bien, ma foi !
Le Jallat a encore onze enfants !
Et n’a donc que le choix !!
Saperlipopette !
Fénéon logorallye (Olivier Salon)
(passer dans cet ordre par ascenseur, garnement, fétiches, blog, Josette, ralentir, radis)
Tremblante, elle monta dans l’ascenseur
Et se trouva devant son père
Horloger de Saint-Étienne
Qui la traita de garnement :
Il avait fouillé sa chambre,
Trouvé plein de fétiches
Et était tombé sur son blog
Où elle se dévoilait,
Pauvre Josette !
Il la frappa tellement fort
Que son cœur se mit à ralentir,
Son cœur à elle, jusqu’à ce son souffle
N’eût plus un radis
À se mettre au poumon.
Jallat se console maintenant
Avec ses onze autres enfants.
Fénéon mathématique (Olivier Salon)
Sa
fille aînée avait pour nombre d’ans le huitième nombre premier, et sa
jupe avait une forme trapézoïdale dont la hateur était inférieure à la
petite base (rappelons le moyen mnémotechnique pour obtenir la surface
de la jupe, d’après la formule dite de Salomon, chargé de départager
deux femmes se disputant le même bébé ; Salomon s’adresse à un garde
armé et lui dit : Vois le Bébé dans son berceau, prends ta hache, et
coupe-le en deux, soit :
S : (B + b)/2.
Voilà
pourquoi l’horloger stéphanois, qui savait exactement compter jusqu’à
douze, l’a fait passer de vie après tas, ayant au préalable parfaitement
aligné le canon de son fusil, son propre œil et le cœur de la miss.
Heureusement,
le nombre d’enfants restants est égal à l’âge n de feue l’aînée,
augmenté de trois et divisé par deux, nombre également premier et formé,
par ailleurs, de deux exemplaires concaténés du premier entier naturel
non nul.
Le
corps de la jeune fille a été placé dans un parallélépipède rectangle de
marbre, tandis que ce celui du père dans un parallélépipède de métal
fermé à clef.
Choses indéterminées
Une touffe d’herbe bleue, à moins qu’elle ne soit verte
Une maison pas finie qui n’appartient à personne
Un endroit qui n’a pas l’air d’un lieu
Le degré d’humidité du sol comme du ciel
Le talent
Un tas de pierres désordonné
Un mélange de joie et de tristesse
Le degré de destruction des choses
Des tags inachevés
Le déroulement exact de l’effondrement naturel d’une de ces « villas »
L’heure précise de notre prochain déjeuner.
Collectif, recueilli par Elisabeth L P
Choses qui font grincer les dents
Parfois la craie contre le tableau noir
Souvent le polystyrène expansé
Toujours la nature saccagée.
Le sable dans les biscuits du goûter
les dents du haut contre les dents du bas
Le souvenir d'une séance chez la paradontologue
Un abruti qui croit tout connaître
la pensée édentée
Sa propre voix quand elle dépasse
le caillou dans ma chaussure droite
Les gens qu'on humilie
la connerie flagrante
Danielle Wargny LP
À la recherche JJ
À la recherche d’images parlantes
À la recherche de photos marquantes
À la recherche de l’instantané éternel
À la recherche du vent coquin
À la recherche du soleil farceur
À la recherche du nuage parfait
À la recherche des pierres cancérigènes
À la recherche des graffs obscènes
À la recherche des tuiles volées
À la recherche des cadavres caché.
Elisabeth L P
La Résistance JJ
La résistance sableuse à la canalisation
La résistance terrestre à la construction
La résistance graphique à la banalisation
La résistance écologique à la pollution
La résistance ironique à la standardisation
La résistance financière à l’exploitation
La résistance silencieuse à la communication
La résistance obscure à l’électrification
La résistance comblée à l’excavation
La résistance amicale à la prostitution
La résistance passive à la détérioration
Elisabeth L P
La Résistance
Le Lego comme on l’apprend au centre de loisirs
La résistance molle à la déconstruction
À la recherche du serpolet suave
Le Playmobil comme on l’apprend à la crèche parentale
La résistance humble à la reconstruction
À la recherche de la marque du nom
Le Kapla comme on l’apprend en classe verte
La résistance lourde à la démolition
À la recherche du béton armé
La résistance triste à l’optimisation
À la recherche du village fantôme
Cécile DENIELOU L/P
Comme on l’apprend - JJ
Le beau comme on l’apprend au musée des horreurs
Le passé comme on l’apprend aux ruines actuelles
Le silence comme on l’apprend aux souffles maritimes
Le ciel comme on l’apprend aux frasques nébuleuses
La paix comme on l’apprend aux murs déchiquetés
La couleur comme on l’apprend aux rayons fantasques
Le pied comme on l’apprend à la marche ensablée
Le désert comme on l’apprend aux lieux désaffectés
Le temps comme on l’apprend aux contraintes dictées
Le style comme on l’apprend aux restes lapidaires
L’écriture comme on l’apprend à la cité fantôme
Elisabeth L P
Je me souvins que, six mois plus tôt, je ne connaissais pas même le nom de Pirou, étais loin d'imaginer ce qui s'y tramait chaque été et que c'est Olivier qui, le premier, m'ouvrit les chemins de la Pirouésie. A lui, un grand MERCI !
Je me souvins qu'il y avait alors peu de chance pour moi de venir en Normandie, cet été, tant je demandai tard mon inscription ; mais c'était sans compter les pouvoirs de Robert, le Magicien pirouète, qui en quelques heures fit apparaître une chaumière près de la mer, trois princesses pour m'y tenir compagnie, plus une, conductrice de citrouille transformable en carrrossse passée la minuit. Est-ce la fée des Landes qui l'a initié à ces sortilèges ?
Je me souvins qu'au moment de fermer ma porte, ce dimanche 7 août 2011, je ne devrais pas manquer de murmurer, qu'il pleuve ou qu'il vente, le viatique de Giono : "Le soleil n'est jamais si beau qu'un jour où l'on se met en route." (Les grands chemins)
Je me souviens de la joie extrême qui m'envahit quand Jacques m'apprit qu'un poème de métro pouvait très bien s'écrire sans métro : ainsi, partout où j'irai désormais, je pourrai à tout instant prendre le métropoétique !
Je me souviens des lectures croisées au manoir de la Rapillerie et du goût de la cerise.
Je me souviens des petites Mielles, d'un cheval fougueux et du feu de joie qui brûle encore en mon âme à la manière d'un grand soleil.
Je me souviendrai du goût des mirabelles au jardin de Créances, de celui, rêvé, de la fleur d'ajonc dans le thé des landes de Lessay et celui de la salicorne fraîche du havre de l'Ay.
Je me souviendrai du
plaisir si vif qu'il y a à enfin oser écrire à son tour et plus encore
de celui pris à écouter des textes drôles, inventifs, émouvants : quels
belles plumes et beaux ramages vous avez, chers Ziaux de Pirou !
Je me souviendrai,
les jours de chahut intérieur, de vos rires si indulgents et si
réconfortants car est-il bonheur plus grand que celui de rire et de
faire rire ?
Valérie Lotti
Et en boni,
un portrait sans contrainte d'un arbre du jardin de Créances et mon
premier poème de marche, écrit sur le sable, en quelques minutes, le
temps d'une salutation à la mer, le samedi 13 août, aux côtés d'Amélie
et d'Agathe qui m'offrirent cet ultime moment de partage avant le
départ.
Le mot "saule" est connoté.
Le mot "seul" lui fait écho,
Depuis qu'un certain Musset
L'a fait prince des sanglots.
Mais au jardin de Créances
Il est un saule rieur
Qui vers le ciel fou balance
Frisottis de bois moqueurs.
#
Prends le jour et son bonheur
Fends les flots
Ne t'habitue jamais
Valérie Lotti
Poème du village fantôme
P
A la recherche d'un paradis balnéaire, « tout en un », comme on l'apprend sur les prospectus en papier glacé
La résistance imaginée à la standardisation
A la recherche d'un promontoire abrité, autant dire, comme on l'apprend à l'école,
La résistance idiote à la rationalisation
Une résistance inédite à la réalisation :
A la recherche d'un énorme imprévu, le raté comme on l'apprend (ou pas) chez les promoteurs immobiliers
La résistance locale à l'urbanisation ?
Image comme on l'apprend au bord de l'océan, à la recherche de la dune vierge
Tiges agitées comme on les apprend sous le vent, à la recherche des tuiles perdues
La résistance futile à la gravitation
La
fin de l'histoire comme on l'apprendra dans les livres : la résistance
souterraine à la sédentarisation, à la recherche d'un nomadisme éternel
(Marie-Hélène Lemoine, L P)
Choses qui (collectif)
Choses qui donnent envie de se lever
Aller voir le rayon de soleil qui perce enfin le nuage
Les fourmis dans mon pied gauche
Une musique pleine de souvenirs
Les confitures maison au petit déjeuner
Une bonne odeur de café
Quelques notes que tu joues au piano
L'envie de voir la mer
Une crampe
Un livre à continuer
Le rendez-vous de 9 heures au presbytère de Pirou
(collectif, P)
Atelier polyglotte Bart-Pablo-Robert : insérer la liste de mots suivante dans cet ordre dans un récit :
gripau, pad, carabistouilles, ganes, goesting, tetuette, totil,
klootzak, dallage, avorriment, verveling, sauticot (on doit en déduire
un sens)
Récit polyglotte
« Vous êtes tous chaleureusement invités au grand gripau annuel du canton » disait le carton. « Venez avec vos pads et les copains de vos pads,
le prix sera modique et l'ambiance assurée. » Au cours de ce banquet
traditionnel, la nourriture était toujours la même :un plat unique de carabistouilles pêchées la veille accompagnées de ganes fraîches, cuites au feu de bois par le boulanger du village, et arrosées d'un goesting bien frais qui pouvait finalement vous monter à la tétuette.
Le jour dit, totil prêt, les klootzaks empilés sur les tables, on vit enfin les participants arriver en grappes et s'éparpiller sur le dallage par affinités. Mais tout à coup, un avorriment éclata. Sans attendre que cela prenne les dimensions d'un verveling, comme cette fameuse année 1975où l'on compta 40 blessés, on écarta les sauticots et on calma l'assistance. La fête put reprendre normalement, et elle se termina cette année-là dans la joie et la bonne humeur.
(Marie-Hélène Lemoine, L, P)
OS : Lipophonème ventriloque (sans les sons P, B, M, F, V)
J’étais venue ici, car je voulais écrire
Cela
est ma passion, oui, j’ai dû vous le
dire.
Je
connaissais déjà, certains de l’Oulipo
Qui
aiment à fabriquer, des jeux avec les mots
Dès
le lundi matin, dans un hameau
dissout
Délaissé
par l’humain, pour cause de gros sous
Il
nous fut proposé, un peu comme un baptême
Un
texte sur ce lieu, en forme de poème.
Survint
l’après-midi, il fallut décider
Avec
quel oulipien, nous allions composer
Le
fonds des ateliers demeurait un mystère
Je
choisis au hasard, n’ayant aucun critère.
De
fragments condensés, proposés par chacun
Sortit
un texte neuf, écrit à plusieurs mains.
Et
le plus étonnant dans la proposition
Il
se renouvelait à chaque autre diction
Les
extraits rédigés sur des bouts de papier
Etaient
tous mélangés avant d’oraliser
Peut-être
est-ce un effet de la Pirouésie
Toujours
s’en dégageait un air de poésie
Le
lendemain matin, à nous les citadins
Il
nous fut suggéré d’aller voir un jardin
Une
autre idée jaillit, qui m’attira l’oreille
Tiens
un chœur de lecteurs. C’est quoi cette
merveille ?
Le
plaisir consistait, dans un texte d’auteur
A
y intercaler, on devient créateur
Quelques
mots bien choisis, d’un autre écrit connu
Et
puis de lire en chœur, le récit obtenu.
Je
ne connaissais pas ce Félix Fénéon
Son
œuvre nous permit d’être un caméléon
Il
raconte en trois mots, de tristes faits divers
Nous
pûmes ce jour là, devenir des trouvères
L’horreur
de cet humain qui par sévérité
Trucida
son enfant, aucune humanité.
Après
tirage au sort, devint sous nos crayons
Un
récit transformé de mille et une façons.
Il
fallait bien ici, un moment de sérieux
Martin
nous proposa, en ce matin pluvieux
De
rédiger ce jour, un nouveau règlement
Pour
qu’enfin les autos roulent plus aisément
Enfin
pour clôturer, cette folle semaine
Nous
voulions présenter nombre de spécimens
Parmi
tous les écrits, il a fallu choisir
Ceux
là qui seront lus, pour notre grand plaisir
Merci
aux oulipiens qui procédèrent au choix
Pas
évident c’est sûr, l’action qui leur
échoit
Devant
les beaux écrits qu’ils ont pu parcourir
Sans
doute beaucoup plus, auraient voulu élire.
Guidés
par Olivier, en un après-midi
Nous
avons travaillé comment doit être dit
Un
texte oralisé, pour prendre sa valeur
Et
pouvoir déployer ses multiples couleurs.
Un
abondant public, sur les bancs se serrait
Impatients
d’écouter, les scènes préparées
Ils
ont bien applaudi, les enfants tout d’abord
Nous
avons découvert une autre Boucle d’or
Des
différents écrits, choisis et lus par moi
Un
en particulier, me causa de l’émoi
Je
crois que c’est surtout, de par son caractère
Inédit,
surprenant, d’écriture éphémère
Quand
j’en eus terminé, à terre répandus
Tous
les papiers bristol, de ces mots
entendus.
Me
firent un bel effet, et beaucoup d’émotions
Ils
seront ramassés pour une autre cession
Pour
nous réconforter, après tous ces efforts,
On
servit au jardin, bulots cidre et consorts
Il
n’est pas de soirée, dans la Pirouésie
Ou
ne soient proposées, toutes ces
fantaisies
Nous
avions discuté, dans tous nos ateliers
Avec
Maitre Salon, du problème des pieds.
Il
fit montre je crois, là d’une intransigeance
J’ai
voulu dans ces vers, oui, la même exigence
Sophie Mignot
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