Au jardin de Créances


Discours d’Abel, Grand Vizir, à l’intention de ses ouailles
                                                (inspiré du jardin de Mme Le Fillatre)
Olivier Salon


Vous qui voulez faire Bon Chrétien, attention au péché dû aux Couilles du Pape, car vous risqueriez de produire du liquide en barre, cet extrait du lupin qui tous nous turlupine et qu’il faudrait éliminer à lavatère (au fond du couloir à droite).

C’est là donc que le chêne et ses petits glands préparent la sève miraculeuse.
Les aubiers la recueillent méthodiquement dans des creusets idoines. Ces pervers penchent.

Une fois satisfaits, ils sont guidés par l’abbé Dumonce-en Missel pour se purifier à lavatère (au fond du couloir à gauche cette fois-ci).

— Vous pouvez baguenauder tranquille, lance-t-il guilleret.

Ce con postera alors les sachets de semence à tous ceux qui sont en panne d’inspiration. Après quoi, il annoncera :
— Maintenant, il faut que je file aux dindons.

Pendant ce temps, Abel a pris du grade. De Grand Vizir, il est devenu Émir. Il se permet de raconter des histoires scabieuses en secouant ses viburnum pour asseoir sa mâle autorité. Après s’être gargarisé la pulmonaire (ah, c’est trop ! mais rit à gorge déployée), l’Émir Abel peut bien reconnaître que le pape a vers assez pour qu’on lui presbytère. Lui pardonnera-t-on cette putain d’sortie ?

Atelier  Récit de voyage

Texte de prose genre récit de voyage ( 20 lignes à 1 page) ; Rendre très vraisemblable

Ton du récit ethnographique ex je suis allé au bout du monde et j’ai trouvé une ………………….. les gens du coin l’appellent la ………………….
  1. Espèce végétale : nom scientifique courant,
La présenter dans son paysage
Décrire trouver des qualités gustatives, olfactives, médicinales..
  1. De la plante sauter à un être du règne animal ayant à voir avec cette plante( nourriture ; habitat)
  2. passer aux humains qui ont un rapport
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Le disconium pneumatophone

Lors de mon dernier voyage au fin fond de la Capotéria Occidentale, j’ai failli écraser un disconium pneumatophone, arbre à fougère à Dutronc , comme le nomme les autochtones. Cette fougère arborifère est une espèce en voie d’extension . Elle a besoin de sols humides, en bordure de petits rus. Ses longues racines filamenteuses puisent leur nourriture dans les limons noirs caractéristiques des gués peu profonds, proches des havres : à chaque marée, une vague iodée épouse le ruisseau et le mélange eau douce-eau de mer engendre cette eau rare et suave connue des gens du coin sous le nom d’eau noire.
Son tronc que percuta mon talon, est poilu à la base et plombé sur le côté.
Je dois dire que l’arbrisseau que rencontra mon pied vagabond était encore une jeune pousse. Dans quelques années, cette plantule sera devenue un fier arbre géant dont la couronne ombragera les passeurs du gué : un  vaste panache, composé de huit élégants pagnes ciselés chacun de soixante huit dentelures, frangées chacune dix-sept fois..

Pour découvrir une jeune plante , il faut ,avec beaucoup de précautions, écarter quelques colutéo baguenaudier qui les protègent de l’asséchement causé par les vents trop iodés et des rayons brûlants du soleil couchant, mais surtout de la gourmandise des canardes enrouées – colverta angina- qui rafollent de ses spores sensés couper net toute toux sèche. Dès qu’un palmipède effleure une baie rosacée du colutéo, celle -ci explose avec un bruit sec rappellant un pétard enfantin ; ce qui entraîne l’envol apeuré de l’oiseau qui voulant prendre le large, fuse dans le panache de l’arbre à fougère et provoque la chute de ses spores déjà mûrs

Les indigènes ont bien conscience des qualités médicinales protectrices des poumons et de la voix du disonium pneumatophone mais ils sont encore plus épris des pouvoirs aphrodisiaques attribués au philtre recueilli après macération des poils de la base du fût de l’arbre a Dutroncdans l’eau noire. La technique ancestrale pour accélérer la décomposition du système pileux est encore tenue secrète par les rebouteux qui se la repassent de père en fils. Les enfants du village baguenaudent tous les étés près des rus aux eaux noires, s’amusent à éclater les fruits du colutéo.
Brigitte            L/ P



Contexte
Suite à une visite d'un jardin privé où la propriétaire nous a abreuvés des noms en latin des 2000 espèces qu'il contient, écrire un texte à propos d'une plante existante ou nouvelle avec qui un animal puis l'homme entretiennent une relation.

Quelques explorateurs patentés de mon entourage m'avaient longuement parlé de l'existence non démontrée de cette plante. Après plusieurs mois de recherche assidue, je la découvris enfin au fond d'une forêt inconnue et vierge de surcroit.
Elle faisait manifestement partie de la famille des lys mais était inconnue au bataillon. Je m'empressai de la baptiser. Je mis un certain temps cependant pour lui trouver un nom. Son phénotype n'était guère courant. Préoccupée exclusivement de son propre destin, renfermée sur elle-même, ignorant les autres, elle ne pouvait que porter le nom de "incognata nombrilys". Ma qualité de savant gravitant dans de multiples instituts scientifiques fit que ce nom s'imposa très rapidement dans les milieux botanistes.
Comme j'avais fait ce long et difficile voyage, je voulus en profiter jusqu'au bout et m'installai pour quelque temps dans le coin, sous la tente. Un soir, alors que je venais à peine de m'endormir, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre puis de voir un étrange animal s'approcher de l'incognata nombrilys et en grignoter avidement quelques bouts de feuille.
Le manège se répéta à plusieurs reprises au cours des jours suivants. Je pris la décision d'identifier cet intrus. Je lui tendis un piège grossier et pus ainsi l'observer à loisir. D'aspect rutilant, il manifestait une curiosité de bon aloi vis-à-vis de tout ce qui l'entourait et particulièrement les autres êtres vivants. Comme lui non plus n'appartenait à aucune espèce répertoriée, je décidai de la baptiser "incognata altruis".
Je n'étais pas au bout de mes surprises. J'avais éloigné quelque peu mon campement de l'incognata nombrilys. Quelque temps après, je me rendis compte que les membres d'une tribu locale cueillaient eux aussi les feuilles de ma découverte, s'installaient en cercle autour d'un feu et la prenaient en infusion, à larges rasades généreuses, avant de commencer ce qu'ils appelaient le grand conseil, sorte de réunion où ils traitaient tous les problèmes relatifs à la gestion de leur communauté.
Intrigué par ces pratiques de la gent animale comme de ces hommes primitifs, je décidai d'en savoir plus. Mon petit laboratoire portatif me permit d'analyser les composants chimiques des feuilles nombriliques et je découvris les vertus potentielles de leurs composants. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que l'incognito altruis profitait de l'incogniata nombrilys pour modérer ses tendances outrageusement altruistes et que les indiens locaux utilisaient l'incognata nombrilys pour obliger leurs concitoyens à se concentrer sur leurs propres problèmes personnels, eux qui étaient en général toujours occupés à se chamailler et à chercher noise à leurs voisins.
Mes observations firent l'objet d'un mémoire mémorable que je présentai devant un public conquis en Sorbonne peu de temps après mon retour dans le monde civilisé. Ma présentation commença évidemment par une dégustation de thé d'incognata nombrilys, afin que l'attention ne se dissipât point.
 
Henry Landroit


Atelier  2 la petite boîte  JJ
Poème à forme fixe d’invention oulipienne
7syllabes ……………. ;
7……………..
8………………..
1 mot
8
7

Pas de rime ; 1 seule phrase
Catégorie du mot mis en boîte exclue dans le reste

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Planté, élagué, il a
Arrosé et taillé : elle
cueilli et ramassé, ils ont
Leur verger
Hume, tâte de bas en haut
Goûte ceci, cela ; Hum !


Ils nous emmènent là-bas
Suivons les toujours plus loin
Arrêtons-nous ensuite  Voici
Des nénuphars !
Etalés, éclos, épanouis
Sereinement , tout au long

Brigitte             L/P

L'azurée des mouillères

De l'azurée des mouillères,
Gentiane pneumonante
à jolie colerette bleue
recueille les fines larves odorantes,
Pièges à fourmi-nourrices

Brigitte

Chevreuil

Herbes foulées, torturées,
rameaux brisés, lapidés,
Marquages serrés, le chevreuil
aboie
Territoire bien préservé
Couches en sécurité.

Brigitte

Dis-moi si tu viens tantôt
Dis-moi si tu viens très tard
Dis-moi si tu viens toujours, toi
l’ami
Dis-moi si tu repartiras
Aussitôt arrivé là !
 Chantal

Noircir, graver, arracher
Blanchir, découper, creuser
Écrire, raturer, gommer
la page
éperdument immaculée
maculée passionnément
Chantal


1) Homophonies OS

La jeune Marguerite, du Cap, enlevée à l’âge de 15 ans, s’était retrouvée dans une maison de passe à Bordeaux. Cette maison était fréquentée par un client bougon, adepte du bondage, et par un voyeur nommé Tom. Le bougon vit lier Marguerite, Maria et Barbara. « Des culs, Maria Barbara », disait-il admiratif chaque jour, car le bougon vil y était souvent !
Mille pertuis permettaient aux voyeurs (dont Tom) d’admirer aussi bien les couilles du pape que les fesse de Bertie (un petit chou, Bertie). Le pénis à Tom se dressait à ce spectacle. Caché dans l’armoise, Tom se régalait des situations les plus scabieuses. Espèce de petit salatus ! Le client bougon se doutait de quelque chose. Il demanda à la tenancière les clés de l’armoise. « Les clés, ma ptite, et plus vite que ça ! » et il ouvrit l’armoise.
Tom l’aconit d’injures, et au nez péta.
Mais cette histoire est ancienne, on l’applaudit : ça date, hourra !

Elisabeth            

2)Vers turcs ( Sans B, M, P, V ni F )   OS

On es tous allés écrire aujourd’hui dans un jardin extraordinaire à la Charles Trénet, qu’une duchesse entretient, et dont elle connaît tout ce qu’il contient, toutes ces choses dont elle sait les noms latins qu’elle nous a d’ailleurs dits. On a donc regardé ses roses, ses hortensias, ses salades, ses choux, ses citrons dans la serre, son chêne liège, ses aulnes dont elle dit qu’ils nourrissent le sol, et aussi ses argousiers, ses kakis, ainsi qu’une cardère dite aussi « le troquet des oiseaux », car les oiseaux sirotent l’eau du ciel restée dans ses corolles.
L’azur, le jaune, le rose clair ou soutenu, le rouge, tout concourait à rendre éclatante la couleur de son gazon sur lequel nous allions sans chaussures, tant il était doux et tendre.
Elle soigne tout ça à l’aide d’orties en décoction, ce qui est illégal quoique toléré.
Et quand on est rentrés, Salon a exigé un compte rendu détaillé de tout ça, sans utiliser certaines lettres. Lesquelles ?

Elisabeth